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Le 8 octobre 2006

AU-DELA DE NEPTUNE
Quelques prémices de réflexion pour trouver un cadre astrologique au nouveau statut astronomique de Pluton.


Ce qui m’a surtout séduite chez Rudhyar, quand j’ai « rencontré » sa pensée, c’est que c’était quelqu’un qui ne restait jamais sur ses acquis, qui remettait tout en cause tout le temps, qui vivait son « art » de penser en perpétuelle transformation, en perpétuelle évolution, laquelle était rythmée par les découvertes scientifiques, astronomiques, psychologiques, philosophiques, artistiques etc … qui ont jalonné le siècle dans lequel il a vécu : le XXème siècle. A tel point qu’il a fini par penser une astrologie dite de transformation et/ou d’évolution, ces deux mots étant devenus les maître-mots de son œuvre. Alors, bien sûr il est celui qui aurait forcément été fasciné par les conclusions de l’Union Astronomique Internationale, quand elle a redéfini il y a quelques semaines la notion de planète et qu’elle a exclu Pluton du cercle des planètes majeures du système solaire. Ce qui est tout, concédons-le, sauf anodin.

J’imagine donc tout naturellement que Rudhyar aurait immédiatement réfléchi aux implications que ce nouvel état de fait aurait eues sur la façon dont il avait abordé Pluton au départ, puisque comme les astrologues de son époque, il l’avait intégré en tant que planète à son système de réflexion, étant donné que les astronomes disaient que c’était une planète, cet objet qu’ils avaient découvert en 1930. Il y a quelques semaines, Rudhyar aurait donc forcément repensé une nouvelle « position » astrologique pour Pluton, une nouvelle façon de l’intégrer à sa pensée, ainsi que les conséquences de cette nouvelle « position » sur le reste du système solaire et sur le reste de la « pensée » astrologique.

Je ne suis pas la seule à avoir été séduite par cette façon de voir les choses de Rudhyar. Je me suis d’ailleurs ressouvenue tous ces derniers temps, d’une partie de l’hommage qu’Ann Kreilkamp (philosophe et astrologue américaine) lui avait consacré dans le Rudhyar Tribute : lien « Rudhyar Tribute » sous le bandeau – contribution d’Anne Kreilkamp – page 10 . Cette partie-là :

Rudhyar était musicien, c’était un compositeur ; il n’avait pas besoin de certitude intellectuelle. La musique ne laisse pas de place à l’immobilité, elle n’est que changement, c’est le jeu perpétuel du contrepoint d’harmonies en mouvement. Les écrits de Rudhyar en astrologie reflétaient sa sensibilité musicale ; ils n’étaient pas écrits du point de vue d’un cerveau gauche. Rudhyar était à l’intérieur de ce dont il parlait, il ne s’intéressait qu’à la conscience voyageant au travers du temps et de l’espace, s’accordant confortablement aux mots, atterrissant n’importe où et observant le cosmos de cette position avantageuse, puis redécollant. Bougeant avec la musique, en osmose avec elle et décrivant ce qu’il voyait le long du chemin. Son cosmos était une orchestration divine sans début et sans fin. Dans son orchestre, les planètes et les étoiles étaient les instruments, de grands Etres Célestes, et dans le jeu de leur mouvement sans fin, elles se faisaient l’amour les unes aux autres, résonnant en un concerto complexe en expansion perpétuelle d’harmonies de plus en plus vastes. Celles de Rudhyar étaient un univers, dans lequel chaque point ouvre dans un espace, et chaque espace contient un simple point qui renvoie à des royaumes plus vastes. Dans son univers, chaque point et tout point est central et tous ces points sont dans un flux continu. Chaque circonférence trace la trajectoire de quelque Etre immense, entouré d’autres encore plus grands que lui. Dans l’univers de Rudhyar, il n’y avait aucun point où rester immobile et aucune nécessité d’en avoir un : dans un univers en perpétuelle expansion, chaque point est central. Dans l’univers de Rudhyar, pas de peur, pas de contraction, pas de séparation ; au contraire, chacun accède au sens en communion avec le tout. Dans l’univers de Rudhyar, on ne se pelotonne pas pour faire face au vide, mais on vole librement dedans, en naviguant d’un point à l’autre dans des espaces plus petits ou plus grands. L’impression de vertige que l’on ressent à la lecture de Rudhyar provient, je crois, de sa conscience multidimensionnelle. Et il n’avait que très peu conscience d’en avoir une.

… partie où elle décrit parfaitement bien la façon dont fonctionnait la pensée de Rudhyar, cet art qui était le sien de savoir se positionner harmonieusement à n’importe quel point de la pensée ou de l’univers, pour regarder comment on voyait les choses de là, de ce qui devenait alors un point central dans un flux continu, et comment cette nouvelle façon de voir transformait tout le reste alentour. D’ailleurs, dans cet univers-là : on ne se pelotonne pas pour faire face au vide, mais on vole librement dedans.

Ce qui m’a le plus étonnée dernièrement donc, ce n’est pas que les astrologues en général se soient montrés frileux par rapport au déclassement de Pluton de son statut de planète, ou qu’ils soient restés « pelotonnés pour ne pas faire face au vide », qu’ils aient refusé de se pencher sur l’idée d’un système planétaire qui se « finit » tout simplement au niveau de Neptune, mais que parmi eux il se trouve aussi des astrologues qui se recommandent de Rudhyar et qui disent que ce n’est pas parce que quelques astronomes « scientistes » ont déclassé Pluton de son statut de planète que ça va changer quoique ce soit à leur façon d’aborder les choses en ce qui concerne Pluton-planète. Et de prévoir de continuer à l’analyser, l’interpréter en tant que planète, sans faire l’effort ne serait-ce que d’essayer de considérer un système planétaire qui aurait un « terme » symbolique au niveau de Neptune et ce, juste avant d’aborder un autre palier, riche d’encore une infinité de découvertes potentielles – qui auraient d’ailleurs sans aucun doute fait la joie de Rudhyar à l’avance : celui de la « multitude » des objets de la Ceinture de Kuiper (les K.B.O.) dans laquelle Pluton -  à cause de son déclassement en tant que planète - se trouve maintenant « noyé » au milieu d’autres objets, dont certains comme Eris qui sont d’ailleurs plus grands que lui … mais pas des planètes pour autant, puisque leur « masse » n’est pas assez grande pour qu’ils puissent attirer à eux d’autres objets et les intégrer.


Dans mon article précédent, j’évoquais le fait que puisque l’UAI a proposé une nouvelle « classe » d’objets - les planètes naines - pour Pluton, pour la « nouvelle » Eris (2003UB313 ex-Xena) et pour Cérès, qui se trouve elle dans la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter, on se retrouvait maintenant sur le plan astrologique avec un système tout naturellement structuré autour de points de « passage évolutif » situés entre des « catégories » de planètes. Ces catégories (les planètes personnelles, les planètes du social, les planètes du collectif – que Rudhyar avait fini par appeler les planètes transpersonnelles et qui comprenaient Uranus, Neptune et Pluton, jusqu’à ce que l’UAI déclasse Pluton) sont donc « séparées » par ces fameux points de passage que représentent maintenant les planètes naines : Cérès entre les planètes personnelles et les planètes du social, Chiron (que l’UAI n’a pas « nommé » planète naine mais qui est le seul astéroïde situé entre Saturne et Uranus auquel les astrologues se soient un tant soit peu intéressés) entre les planètes du social et les planètes du collectif et maintenant Pluton « après » Neptune, et « avant » l’univers profond.

En termes astrologiques, symboliques, on retiendra évidemment surtout Pluton en tant que « représentant » des objets de la Ceinture de Kuiper et non Eris, la petite nouvelle nommée par UAI - même si elle est plus grosse que Pluton - tout simplement parce cela fait plus de 70 ans maintenant que la « symbolique » de Pluton a été intégrée à toute analyse astrologique, son symbole ayant – lui – été « intégré » dans la représentation mentale du système solaire de tout bon astrologue contemporain qui se respecte … Mais ce ne serait pas rendre hommage à Rudhyar que de se contenter de si peu, de ce simple constat et de retourner tout de go à nos « vieilles » façons de voir le monde qui nous entoure, ce monde maintenant « ancien » où Pluton était la troisième des planètes dites transpersonnelles, un monde où sans doute nos egos n’avaient pas encore dépassé les « limites » de Saturne, malgré ce que nous pouvions en penser, nous praticiens d’une astrologie dite humaniste et transpersonnelle ... Et puis Pluton – du temps où elle était planète – nous a laissé une des plus belles choses imaginables en héritage : la capacité de remise en cause. Et ça, nous en avons terriblement besoin, particulièrement en ce moment, où c’est justement ce qui nous est proposé de faire pour ne pas rester sur nos acquis, pour ne pas s’arrêter là, et pour, entre autres, commencer à envisager Pluton non comme une planète (une énergie motrice), mais plutôt comme un « passeur » (l’énergie des planètes naines ne peut pas être « motrice » puisque leur masse est trop faible pour qu’elles soient capables d’intégration), ce qui sur le strict plan énergétique n’a donc rien à voir et doit donc être appliqué en tout premier lieu, me semble-t-il, à la redéfinition de notre système astrologique, puisque les conclusions de l’UAI nous l’imposent.

Alors essayons de faire comme, j’en suis persuadée, Rudhyar aurait fait : on ne se pelotonne pas face au vide, on vole librement dedans ! Et on regarde sérieusement ce qui se passe « au-delà de Neptune », ce qui se passe exactement dans la Ceinture de Kuiper, sans plus focaliser uniquement sur Pluton. On accepte la diversité et la multiplicité que cette Ceinture de Kuiper contient (multiplicité et diversité sont d’ailleurs des thématiques « vitales » à l’heure de la mondialisation, et un des thèmes favoris de Rudhyar qui plaidait pour l’individuel, c’est-à-dire pour le respect de tout peuple et de toute culture à l’intérieur du plus grand Tout qu’est notre monde), et on se préoccupe d’Eris, on écoute dans un premier temps ce qu’elle a à nous dire en tant que « perturbatrice » (selon la mythologie ⇒ voir ce lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ris ).

Le message mythologique est extrêmement clair, voici ce que nous dit Eris : au lieu de les subir, ou de les nier, de réagir contre, donc de repousser sans cesse leurs implications, laissez-vous perturber par les « conditions » matérielles, spirituelles, politiques, climatiques, écologiques, idéologiques et autres … qui sont actuellement celles de votre humanité et qui sont en train de transformer à vitesse exponentielle le monde dans lequel vous vivez. Ça se passe sous vos yeux, ouvrez-les en grand et agissez, évoluez le plus rapidement possible en fonction des dangers qui se développent un peu partout dans votre monde. Faites la guerre (de Troie) à votre obscurantisme, à vos préjugés, aux clichés qui sont imprimés au plus profond de vous, faites la guerre à votre « ombre », à tous vos intégrismes (religieux, idéologiques et autres) intérieurs et extérieurs, et sans doute est-ce le plus important dans ce « nouveau » système qui est le vôtre maintenant que les astronomes l’ont redéfini : sachez ensuite, une fois cela accompli, re-trouver humblement le chemin du cœur et de l’amour désintéressé, le chemin qui va vers Neptune.


Nous sommes beaucoup de par le monde à avoir déjà entamé ce processus de « retour » vers Neptune et à être conscients qu’il y a urgence à se remettre en cause pour « sauver » ce qui peut l’être encore sur notre planète et dans nos coeurs. Les symboles Sabian du moment où l’UAI a annoncé le déclassement de Pluton de son statut de planète (vous pouvez les consulter sur le site de Jacques à cette adresse : http://www.la-route-rudhyar.org/Pluiton_declasse.html ) étaient eux aussi très clairs à ce sujet, et sans doute que si nous acceptons en toute simplicité ce que nous disent sur nous et sur notre monde les scientifiques en déclassant Pluton de son statut de planète, et en « nommant » Eris, alors nous pourrons faire quelque chose pour notre Etre Planétaire, la planète Terre et donc aussi pour nous.

Adèle
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