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Pluton n'est plus une planète

30 décembre 2006

PLUTON : le passage du statut de planète au statut d'ambassadeur


Réjouissons-nous : quelques réflexions commencent à émerger dans la communauté astrologique francophone au sujet du déclassement de Pluton de son statut de planète. Comme, par exemple, celle de Christian Drouaillet (astrologue humaniste membre du RAH - le Réseau d'Astrologie Humaniste d'Alexander Ruperti) ou (bien qu'on ne puisse pas la relier directement au déclassement de Pluton) celle de Richard Doyle, astrologue québécois spécialisé dans les astéroïdes, qui a publié en octobre dernier « Les nouvelles frontières de l'astrologie » aux Editions du Rocher.

L'avantage de la réflexion de Christian Drouaillet (je la résume puisque pour l'instant elle n'a pas été publiée ailleurs que dans le mensuel « Reconnaissance » réservé aux abonnés d'Univers Site  - Université d'Astrologie en ligne) c'est qu'elle invite à « revoir le symbolisme de Pluton en le liant plus à celui de Neptune (...) pour comprendre comment la fonction humaine qu'il symbolise est liée à Neptune d'une manière différente de ce que nous avions jusqu'alors compris ». Et l'avantage de la réflexion de Richard Doyle - même si pour l'instant elle ne prend pas vraiment en compte le déclassement de Pluton parce que son livre est sorti trop tôt - c'est qu'elle se penche très sérieusement sur le « statut » astrologique des astéroïdes et autres objets célestes gravitant dans tout le système solaire. La chose est importante, dans la mesure où Pluton, en perdant son statut de planète, est venu se ranger dans une autre catégorie, celle des planètes naines, c'est-à-dire celle des objets célestes « représentant » d'autres objets célestes eux-mêmes classés dans la catégorie générique des astéroïdes : maintenant, Pluton - parce que ce fut le premier objet découvert par les astronomes dans la ceinture de Kuiper - « représente » les objets-astéroïdes y gravitant, de même que Cérès - parce que c'est le plus grand de son son secteur - « représente » ceux gravitant dans la ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter, telle qu'on peut la voir dans l'image ci-dessous où les tailles des planètes sont représentées à l'échelle, avec notre énorme Soleil au centre et Pluton tout petit minuscule à l'extrémité, dans le coin supérieur gauche de l'image :


Crédit de l'image : Nasa

 
En changeant de statut, Pluton a donc aussi changé de fonction dans le système solaire : il est devenu un « représentant », un « ambassadeur ». Et 2006 a été pour lui l'occasion de deux évènements majeurs, 76 ans après sa découverte : son déclassement de son statut de planète et son premier transit « conscient pour l'humanité » devant le Centre Galactique. 76 ans, en termes d'espace-temps (la distance qui sépare un objet d'un autre dans l'univers se calcule en données de temps : les années-lumière) ce n'est rien ... puisque par exemple, le système solaire se trouve à 25.000 années-lumière du centre de la galaxie dont il fait partie, la Voie Lactée, et que cette galaxie se trouve elle-même à 2,9 millions d'années-lumière de la grande galaxie la plus proche, celle d'Andromède. Et 76 ans, ce n'est même pas la durée de sa révolution autour du Soleil, puisqu'elle est de 248 ans. Par contre, quand Pluton a été découvert en 1930, il gravitait à 17° du Cancer et il se trouve à l'heure actuelle en Sagittaire, transitant le Centre Galactique à 27°, ayant donc tracé pendant ces 76 années un aspect rigoureusement exact de 160°, c'est-à-dire un novile (un multiple de 40, résultant de la division du cercle de 360° par 9). « Le Novile représente le niveau où le plein accomplissement de l'être individuel est possible, que ce soit comme fin en soi (approche négative) ou comme condition d'une émergence positive dans un domaine d'être tout à fait nouveau et plus élevé ». C'est ce qu'en dit Rudhyar dans « Les Aspects Astrologiques », rappelant aussi quelques-uns des grands évènements qu'a vécus l'humanité autour de ces chiffres : les 9 mois de la gestation humaine évidemment, mais aussi les 40 ans d'errance du peuple Juif dans le désert ou encore les 400.000 ans du Kali Yuga de la chronologie hindoue, qui correspondent à la période « pendant laquelle une nouvelle humanité est en gestation dans la matrice collective de l'ancienne humanité ».

A la lumière de cet aspect et de sa signification symbolique, s'éclaire la position de Pluton dans la conscience collective humaine : il émerge en 1930 de la « matrice » du Cancer sous la forme d'une planète, il vit une période très courte de « gestation » de 76 ans pour « renaître » très rapidement sous une autre forme, celle d'une planète-naine / astéroïde, en 2006, au moment où il transite la « matrice » de la galaxie, le Centre Galactique de la Voie Lactée.


La Voie Lactée - Crédit de l'image (d'artiste) : Nasa


Pour les astrologues que nous sommes, bien sûr, il n'y avait que Pluton pour pouvoir « renaître » avec cette importance, puisque la renaissance est une de ses fonctions symboliques ... et cette renaissance est une invitation à pratiquer une astrologie beaucoup plus ouverte, moins géocentrique, moins héliocentrique aussi bien sûr, une astrologie de type galactique. C'est une invitation à toujours penser le système solaire comme étant une partie d'un Tout plus grand, en portant systématiquement notre regard « au-delà », un au-delà dont Pluton, en changeant de statut, est devenu l'ambassadeur. C'est une invitation à « élargir » le regard, à donner du champ à notre réflexion, une invitation à nous penser, nous l'humanité, autrement : comme « composante » de l'univers tout entier. Car bien entendu, on ne va pas se mettre à monter des thèmes représentant notre position dans la galaxie, et les aspects que le système solaire forme avec le Centre Galactique, par exemple. Ca ne voudrait pas dire grand chose à l'échelle humaine étant donné les proportions de la galaxie. Non, faire de l'astrologique « galactique » c'est appliquer à l'astrologie géocentrique (plus rarement héliocentrique) que nous pratiquons habituellement, un état d'esprit (et non une technique) qui est propre à l'idée de galacticité. Pour comprendre ce qu'il en est exactement de cet état d'esprit, je vous cite Rudhyar dans « La dimension galactique de l'astrologie » ça sera plus simple :

« Le concept de galacticité ne nous amène qu'à un état d'existence - que j'ai appelé la quatrième dimension de l'espace - dont la principale caractéristique est l'INTERPÉNÉTRATION. Notre conscience passe de la troisième dimension - dont les mots-clé sont physicalité, centralité - et de la condition d'existence isolée, séparée (ou atomicité) à la quatrième dimension où il n'y a plus de séparation. Là où il n'y a pas de séparation, naît la possibilité et, en fait, la nécessité, l'inéluctabilité d'une véritable communauté. Dans la communauté, l'expérience du « Je » est absorbée dans l'expérience du « Nous » expérience d'interpénétration et de mutualité tout-inclusive. Si nous ne pouvons voir ce genre d'organisation représenté par le système héliocentrique, le Soleil est i-sol-é dans l'espace, splendeur solitaire qui contrôle en patriarche son groupe de planètes. Le Soleil symbolise alors notre « Je suis », tout aussi solitaire et orgueilleux, qui agit la plupart du temps en tant qu'ego dans ses affaires matérielles - esprit tribal, jaloux et possessif, qui veut absolument être le seul et unique Dieu. Mais si l'on voit et l'on ressent profondément le Soleil comme l'étoile qu'il est essentiellement, on le reconnaît alors comme une forme de l'Esprit Universel, une forme parmi des millions d'autres. Toutes ces formes de l'esprit sont « compagnes » au sein d'une vaste compagnie galactique d'étoiles. Ce n'est pas seulement une « compagnie » (cumpanis en latin : littéralement « ceux qui mangent le même pain »), mais aussi une communion, une communauté. Toutes les étoiles existent au sein d'une galaxie ; elles communient, et aussi communiquent, en ondes de lumière. Ce sont des « formes vibratoires de l'esprit » qui chantent, proclament ensemble un accord cosmique en évolution : immense motet où une myriade de voix communient dans une corrélation en interpénétration. »

Dans ce contexte, n'est-il pas passionnant que Pluton - à qui on a attribué pendant tout son temps d'existence en tant que planète, en plus de la symbolique de la renaissance, la symbolique de l'atomicité - en perdant son statut de planète, soit devenu le « représentant » de la multiplicité (des objets qui gravitent dans la ceinture de Kuiper) - et ce faisant, qu'il soit devenu l'ambassadeur de tous les Touts qui constituent le système solaire auprès de la « source », le Centre Galactique. Là je continue à citer Rudhyar dans le même livre :

« Le centre est une source, à travers laquelle jaillit, s'écoule l'esprit. Et tous les participants à la communauté prennent part à ce jaillissement. Sous son état primordial, cet esprit n'est pas une « chose » et pourtant, il est potientialité d'un nombre infini de « choses ». Du coeur de la galaxie jaillit l'infinie potentialité, en source d'existence réelle. L'existence est toujours finie ; seule la potentialité d'existence peut être considérée comme infinie. Toute communauté galactique a un but fini : une place et une fonction dans le Tout universel. Mais ce n'est pas une fonction séparative. Les galaxies forment des amas de galaxies ; les communautés ne peuvent exister et prospérer que si elles comprennent et réalisent effectivement leur relation aux autres communautés, au sein de la « Communauté Universelle de l'Homme » planétaire. Dans une communauté galactique, l'ntégration ne dépend pas de l'existence d'un centre « solaire » tout-puissant qui contraint tous les participants à tourner, en adoration, autour de lui. L'intégration résulte de l'interaction complexe d'êtres dont chacun est une « étoile » de plein droit et accepte sa place et sa fonction dans la communauté. Le pouvoir qui les lie est celui de l'amour, dans la mutualité et la compréhension. La réalisation de l'unité est suscitée par l'inter-relation constante et consciente de tous les participants ; plus que l'unité, c'est l'ensemble, la totalité qui est le principe centralisateur. »

Bien entendu, disant cela, Rudhyar ne dit pas autre chose que ce qu'il a toujours dit sur le Tout, et la participation de chacun, parcelle agissante de ce Tout, à des « buts » qui le transcendent. Il l'applique tout simplement à quelque chose de plus large : la galaxie. C'est vrai que j'ai rencontré beaucoup d'astrologues et même d'apprentis astrologues qui disent qu'ils ne comprennent rien à cette histoire de Touts ou à la façon dont Rudhyar expose « philosophiquement » ses idées, que c'est bien trop compliqué à lire et à entendre, alors que c'est si simple ... En fait, la différence quand on se place au niveau galactique, c'est que cette chose toute simple (qui se résume très bien en une seule phrase comme je le fais au début de ce paragraphe) change seulement de niveau, qu'elle s'élargit, tandis qu'elle élargit aussi notre conscience et qu'elle l'ouvre un peu plus grand. En tout cas, elle nous propose de passer à ce stade. ICI ET MAINTENANT. Pas demain, pas dans 10 ans, pas quand nous estimerons que nous sommes assez grands pour ça, ou que nous serons assez « simples » pour sortir de cette fausse humilité dans laquelle nous restons empêtrés durant les trois quart de notre existence terrestre, si ce n'est pendant la totalité de notre existence terrestre.

Ce que je veux dire, c'est que chacun d'entre nous ressent parfaitement (par exemple, et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres qui sont politiques et/ou économiques) l'urgence qu'il y a à prendre conscience, à ouvrir les yeux, donc à élargir le regard et à agir au niveau planétaire, en tant que communauté, pour combattre les effets dévastateurs de la pollution. Ouvrir sa conscience, changer de niveau, élargir son esprit, être une parcelle agissante au sein d'un Tout, ce n'est que ça, oserais-je dire, rien « que » ça. Ca n'a rien de compliqué ni de « mystico-planant », ni de tellement philosophique que c'est inaccessible à la compréhension moyenne de chacun d'entre nous. Passer au stade de l'astrologie galactique, donc changer d'état d'esprit et « ouvrir », ce n'est que ça. Il n'y a, depuis que Pluton transite devant le Centre Galactique et qu'il a été déclassé de son statut de planète, et il n'y aura pas ... de tour de passe-passe, pas de ciel qui va s'ouvrir en deux comme la mer Morte, pour laisser passer le « peuple élu ». Il n'y aura, il n'y a déjà ... qu'une humanité agissant dans le même sens, oeuvrant à sa propre transcendance avant que les processus de dévastation qu'elle a elle-même élaborés n'aient atteint un point de non retour.

Adèle

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