Le 3 février 2007
A fréquenter l'oeuvre et la philosophie de Rudhyar depuis maintenant plus de 25 ans, j'aime à reconnaître, quand je les rencontre, les pensées qui vont dans le sens de la sienne ou qui l'actualisent. J'ouvre donc aujourd'hui cette catégorie dans ce site, afin de vous les présenter au fur et à mesure.
Pour commencer cette rubrique, je vais reproduire juste quelques paragraphes du tout dernier livre de Jacques Attali "Une brève histoire de l'avenir" qui vient de sortir chez Fayard. Sans passer par l'astrologie, mais par une bonne connaissance de l'histoire, de la science et des modèles économiques contemporains - comme d'ailleurs ce fut le cas de Rudhyar quand il a pensé son modèle philosophique et a projeté ses implications dans le futur du 21ème siècle (l'astrologie ne lui ayant servi dans ce cas que d'outil de prospective et non de fondement à sa pensée - j'insiste un peu sur ce fait parce qu'il y a encore trop de gens qui confondent les deux ...) - Jacques Attali raconte "l'incroyable histoire des cinquante prochaines années telle qu'on peut l'imaginer à partir de tout ce que l'on sait de l'histoire et de la science. Il dévoile la façon dont évolueront les rapports entre les nations et comment les bouleversements démographiques, les mouvements de population, les mutations du travail, les nouvelles formes du marché, le terrorisme, la violence, les changements climatiques, l'emprise croissante du religieux, viendront chahuter notre quotidien." (extrait de la 4è de couverture de "Brève histoire de l'avenir")J'ai été particulièrement interpellée par les premières pages de ce livre, qui résument assez bien ce qu'il en est de l'analyse globale de Jacques Attali, quand il se penche sur notre futur. Et qui donnent aussi envie de poursuivre la lecture de son livre plus avant, bien entendu ! C'est pourquoi je me permets de retranscrire ici quelques bribes de son avant-propos, qu'il vous sera sans doute intéressant de mettre en perspective avec des livres de Rudhyar comme "Vers une conscience planétaire" ou "Le rythme de la totalité" pour la partie purement philosophique et comme "L'histoire au rythme du cosmos" pour apprécier l'utilisation qu'il a faite de l'Histoire passée pour donner un sens à l'Histoire future, telle qu'elle en découlerait sans doute. Comme le fait donc Jacques Attali dans cette "Brève histoire de l'avenir."
Extrait de l'avant-propos de "Une brève histoire de l'avenir" de Jacques ATTALI - Editions FAYARD
Aujourd'hui se décide ce que sera le monde en 2050 et se prépare ce qu'il sera en 2100. Selon la façon dont nous agissons, nos enfants et nos petits-enfants habiteront un monde vivable ou traverseront un enfer en nous haïssant. Pour leur laisser une planète fréquentable, il nous faut prendre la peine de penser l'avenir, de comprendre d'où il vient et comment agir sur lui. C'est possible : l'Histoire obéit à des lois qui permettent de la prévoir et de l'orienter.
La situation est simple : les forces du marché prennent en main la planète. Ultime expression du triomphe de l'individualisme, cette marche triomphante de l'argent explique l'essentiel des plus récents soubresauts de l'Histoire : pour l'accélérer, pour la refuser, pour la maîtriser.
Si cette évolution va à son terme, l'argent en finira avec tout ce qui peut lui nuire, y compris les Etats, qu'il détruira peu à peu, même les Etats-Unis d'Amérique. Devenu loi unique du monde, le marché formera ce que je nommerai l'hyperempire, insaisissable et planétaire, créateur de richesses marchandes et d'aliénations nouvelles, de fortunes et de misères extrêmes ; la nature y sera mise en coupe réglée ; tout sera privé, y compris l'armée, la police et la justice. L'être humain sera alors harnaché de prothèses, avant de devenir lui-même un artefact, vendu en série à des consommateurs devenant eux-mêmes artefacts. Puis, l'homme, désormais inutile à ses propres créations, disparaîtra.
Si l'humanité recule devant cet avenir et interrompt la globalisation par la violence, avant même d'être libérée de ses aliénations antérieures, elle basculera dans une succession de barbaries régressives et de batailles dévastatrices, utilisant des armes aujourd'hui impensables, opposant Etats, groupements religieux, entités terroristes et pirates privés. Je nommerai cette guerre l'hyperconflit. Il pourrait lui aussi faire disparaître l'humanité.
Enfin, si la mondialisation peut être contenue sans être refusée, si le marché peut être circonscrit sans être aboli, si la démocratie peut devenir planétaire tout en restant concrète, si la domination d'un empire sur le monde peut cesser, alors s'ouvrira un nouvel infini de liberté, de responsabilité, de dignité, de dépassement, de respect de l'autre. C'est ce que je nommerai l'hyperdémocratie. Celle-ci conduira à l'installation d'un gouvernement mondial démocratique et d'un ensemble d'institutions locales et régionales. Elle permettra à chacun, par un emploi réinventé des fabuleuses potentialités des prochaines technologies, d'aller vers la gratuité et l'abondance, de profiter équitabliment des bienfaits de l'imagination marchande, de préserver la liberté de ses propres excès comme de ses ennemis, de laisser aux générations à venir un environnement mieux protégé, de faire naître, à partir de toutes les sagesses du monde de nouvelles façons de vivre et de créer ensemble.
On peut alors raconter l'histoire des cinquante prochaines années : avant 2035, prendra fin la domination de l'empire américain, provisoire comme celle de tous ces prédécesseurs ; puis déferleront l'une après l'autre trois vagues d'avenir : hyperempire, hyperconflit, puis hyperdémocratie. Deux vagues a priori mortelles. Une troisième a priori impossible.
Sans doute ces trois avenirs se mêleront-ils ; ils s'imbriquent déjà. Je crois en la victoire, vers 2060, de l'hyperdémocratie, forme supérieure d'organisation de l'humanité, expression ultime du moteur de l'Histoire : la liberté.
Voilà ...
Vous ayant retranscrit cela, je vous ai tout dit du livre de Jacques Attali et en même temps absolument rien, c'est-à-dire, j'évoque juste très rapidement ses synthèses de ce qui va se passer dans notre futur proche, sans rien donner de ce qui peut les étayer et qui est développé tout au cours du livre, puisque je n'ai pas les droits de publication sur ses textes, bien entendu ... En tout cas, il y a juste ce qu'il faut pour pouvoir recouper quelques concepts avec ceux de Rudhyar dans les livres précités et sans doute vous donner envie de creuser tout cela en lisant et ce livre de Jacques Attali et ceux de Rudhyar qui abordent le même sujet. Alors ... bonne lecture !
Adèle