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Patana Usuni - astrologue américain - Austin - Texas


POURQUOI DANE RUDHYAR VIVAIT-IL ?

Ceux d'entre nous qui sont familiers de Dane Rudhyar le connaissent principalement pour son travail de pionnier-semence dans la reformulation de l'astrologie moderne. Aujourd'hui, le résultat de son dur labeur a virtuellement pénétré tout le champ de l'astrologie, que ce soit directement ou indirectement, que les résultats en soient évidents ou plus en arrière-plan. Et ce, bien que l'astrologie n'ait pas été sa vocation première, ni la seule.

Au cours de sa très longue vie, son activité créatrice s'est exprimée dans plusieurs secteurs, composant une tapisserie aux entrelacements complexes. Dans son domaine initial d'expression productive, celui de la composition musicale, il était reconnu appartenir au courant de la "Nouvelle Musique Moderne" et le concert où l'on joua ses compositions à New York le 4 avril 1917, fut le premier où l'on entendit de la musique polytonale dissonante aux Etats Unis. Parallèlement à son intérêt pour la musique, il commença à écrire de la poésie qui n'était pas conforme aux traditions littéraires établies ou disons qui ne cadraient pas avec les formes ésthétiques en vogue. Deux dizaines d'années plus tard, à Santa Fé, au Nouveau Mexique, il commençait à peindre et il a été tout de suite associé au Mouvement d'Art Transcendental. Et puis il fallut encore une trentaine d'années pour que son oeuvre astrologique soit entendue comme faisant partie de la mouvance du développement du potentiel humain et soit associée aux mouvements New Age. Et tout au long de ces décades on peut voir qu'un même fil se dévide au coeur de l'oeuvre de Rudhyar.

L'hommage qui lui est rendu ici pour son centenaire est une excellente occasion pour explorer la nature de ce fil et pour répondre à la question titre de ce texte : "Pourquoi Dane Rudhyar vivait-il ?".


Avant de commencer l'exploration propre, il convient d'examiner les lieux où ce fil prend racine et se poser la question de savoir quels en furent les développements subséquents. La force qui a guidé Rudhyar tout au long de sa vie est ancrée dans deux prises de conscience lorsqu'il avait 16 ans : la première - qui avait deux parties - était que le Temps est cyclique et que la Loi des Cycles contrôle toutes les civilisations ainsi que l'existence toute entière ; la seconde était que la civilisation Occidentale s'approchait de la "phase automnale" de son existence. Au départ, ces prises de conscience étaient spontanées et intuitives, bien que très influencées par une exposition aux écrits de Friedrich Nietzsche - le dernier et le plus influent philosophe du tournant du 20ème siècle, qui, au milieu de bien d'autres choses, encourageait à la réévaluation de toutes les valeurs. En tout cas, ces deux prises de conscience déclenchèrent chez Rudhyar la nécessité de se dissocier de l'Europe et de partir en quête d'un "Nouveau Monde" où il pourraît aller planter la semence qu'il se sentait être, portant avec elle l'héritage de tout ce qui était viable et constructif dans le passé de l'Europe. C'est ainsi que l'idéal de "l'homme-semence" grandit dans sa conscience et que se mit en forme le "thème central" qui domina et pénétra toute sa vie et tout son travail par la suite.

En 1916, à 21 ans, Rudhyar se consacra à son idéal et à son choix d'être-semence en quittant la France, son pays de naissance, pour aller aux Etats Unis, s'étant reconnu comme "une semence portée par les vents au-dessus de l'océan ... destinée à aller se planter dans le sol fertile et vierge d'un "Nouveau Monde" ". Et c'est là que de 1917 à 1928, il fit des études longues et approfondies en disciplines variées : les philosphies Orientales et occultes, la musique Orientale, l'astrologie, etc ... La Théosophie de "La doctrine secrète" d' H.P. Blavatsky joua un rôle tout à fait spécial dans la plupart de ses développements ultérieurs. Au début des années 1930, il étudia parmi d'autres domaines, la psychologie des profondeurs - particulièrement la Psychologie Analytique de Carl Jung - les nouvelles physiques Einsteiniennes et un livre qui eut sur lui un effet catalytique : "Holism and Evolution" de Jan Smuts. Evidemment, toutes ces études ne visaient pas à accumuler une masse de données et/ou d'informations. Plutôt, Rudhyar s'engageait consciemment dans une voie qui consistait à développer pour lui-même une "plus haute" forme d'opérations mentales, capables de traiter de principes fondamentaux, universels, spirituels et métaphysiques, ainsi que des processus cycliques. Plus tard il définit cette haute activité mentale comme suit : "Clairthinking", c'est à dire : l'expérience directe des idées.

Pendant qu'il intégrait ses études à son idéal de semence, Rudhyar commença a sentir que son destin était d'élaborer une reformulation créative et synthétique des principes occultes et métaphysiques anciens et traditionnels. Le but de cet effort était de favoriser le "clairthinking" chez les autres, de façon à les aider à développer un "esprit de Totalité" individuellement et collectivement. Ce destin devint alors l'essence et le germe de l'idéal qu'il s'était choisi, celui de l'être-semence. Tandis qu'au cours des années, Rudhyar mettait tous ses efforts à incorporer les aspects de sa reformulation globale dans la musique, l'astrologie, les arts, la poésie et la littérature, un diffusion complète et compréhensible de ses recherches n'intéressait pas grand monde. Il ne trouvait ni éditeur, ni public réel qui soit intéressé par son travail. Ce n'est qu'en 1970 que des possibilités de publication se présentèrent à lui pour "Vers une conscience planétaire" (Planétarisation), qui fut à l'origine de la publication d'une série de livres dédiés à une "philosophie de Totalité opératoire". Cette démarche inclut "We can begin together again", "Préparations spirituelles pour un Nouvel Age", "Culture, crisis and creativity", "Un nouvel homme pour un Nouvel Age", "Le rythme de la Totalité" (Rythme) et "The fullness of human experience". Planétarisation et Rythme sont les fondations, tandis que les autres servent de piliers encadrant les différents aspects et les angles de la structure.

Bien qu'il soit correct de parler d'une philosophie de la Totalité opératoire, il semble que les écrits de Rudhyar soient plus artistiques et musicaux dans leur forme que peuvent l'être les théorisations critiques et/ou analytiques habituelles. Ses mots semblent rayonner de teintes iridescentes, illuminant un clair-obscur aux multiples profondeurs ; ils vibrent avec le son et sa prononciation et coulent en vagues de sens. Evidemment, cela n'a rien à voir avec les trucs académiques habituels et d'ailleurs ce n'est certainement pas ce que Rudhyar cherchait à faire. Non, c'était une démarche de "libération automnale" d'"idées-semence" : des idées et des symboles nouveaux d'ordre, de relations, d'accomplissement et de plénitude globale, comme autant de germes prêts à féconder le futur. Bien sûr présenter ou même essayer de résumer la vision du monde complète de Rudhyar va bien au-delà du contexte de ce court essai. Donc, à la place, je vous propose une sorte de survol extrêmement condensé et essentialisé du message qui me semble parler au travers de sa philosophie ...


Le meilleur endroit pour commencer me semble être l'évolution humaine et planétaire. Géologiquement parlant et jusqu'à récemment, l'évolution planétaire a représenté essentiellement l'évolution de la vie. Cependant, avec le développement de ce que l'on appelle "l'humanité" (et il est possible qu'il y ait eu d'autres "humanités"), un autre facteur vient s'ajouter, l'évolution humaine, qui devance maintenant l'évolution planétaire. L'évolution humaine est constituée du processus de "civilisation". Et son objectif est le dévoloppement, chez les êtres humains, de la capacité de fonctionner à un niveau d'existence transcendant, dans un champ organisé de conscience et d'activité, qui se base et qui dépend d'un type de substance supraphysique. Il implique essentiellement un glissement dans la conscience et l'identité humaines de leur position géographique actuelle au niveau biopsychique de la nature terrestre, vers ce qu'on pourrait appeller le niveau "spirituel-mental". Ce processus et son achèvement ont de multiples aspects qui requièrent pour exister une longueur infinie de temps - qui va, et de loin, au-delà des quelques millénaires que l'humanité a déjà vécu. Le processus de civilisation agit au travers du fonctionnement de grandes sociétés ou "touts-culture". Un tout-culture peut être défini comme étant un champ organisé - et même 'organismique' - d'activités humaines collectives, intégré par un sentiment de communauté dans lequel on retrouve des traditions philosophiques, religieuses et psychologiques et des buts communs. A l'origine, le tout-culture est installé sur un lieu géographique spécifique, avec un climat particulier, une faune et une flore ; il est aussi capable de s'étendre jusqu'à inclure un grand nombre de territoires, comme par exemple le fit le tout-culture Européen pendant les 500 dernières années et aussi l'Islamique, pendant les siècles précédants.

Au cours de la vie complète d'un tout-culture, on peut remarquer habituellement 4 périodes, au moins en théorie. La première est dominée par une activité physique et biologique : l'établissement sur une terre, les moyens de production, le développement d'une 'nouvelle population', etc ... C'est le temps d'un désir de vie, de force et de dynamisme. La seconde période est marquée par la stabilisation et la consolidation. Institutions, lois, dogmes, etc ... sont formalisées dans le but de cultiver, préserver et affiner les valeurs acquises au cours de la période précédente. Elles servent alors de mouture à une orientation spécifique de comportements, de pensées et de sentiments collectifs et fournissent un mécanisme, une façon de faire, permettant la perpétuation du tout-culture lui-même. L'échange est la clef de la troisième période : le commerce commence à se développer et à dominer. Il y a échange interpersonnel et interculturel à tous les niveaux, qui ne conduit pas seulement à une expansion de la production, mais aussi du savoir, des désirs et des possibilités. Cette expansion distend graduellement les vieilles moutures, qui peuvent éventuellement perdre leur élasticité. Et elles finissent par casser une fois que les valeurs centrales et les symboles perdent leur caractère sacré ainsi que leurs derniers lambeaux de crédibilité. La quatrième période commence au moment où les sacrosaintes anciennes façons de faire liées au sacré sont de plus en plus distordues et vulgarisées. Toutes les restrictions intellectuelles, émotionnelles, sexuelles, comportementales et sociales se détériorent graduellement, en même temps que le désordre et la confusion augmentent. Alors, tout et n'importe quoi devient possible.

En réponse à ce trouble et à cette agitation une radicalisation du phénomène évolue doucement. Une grande majorité de gens deviennent - à des niveaux différents - aculturés, mais aussi dépersonnalisés : ils deviennent des unités statistiques, des gens réduits à leur état de "votants". Leurs vies sont de plus en plus hantées, possédées et conditionnées par un insatiable désir d'argent, une addiction semblable à l'alcoolisme. En conséquence de quoi ils pensent avoir une liberté illimitée de choix, mais leur vie devient de plus en plus vide de sens. Bien sûr, d'autres personnes comprennent l'acquisition de la liberté tout à fait différemment. Ils comprennent qu'elle peut servir de fondation à un changement fondamental et ils utilisent cette liberté toute nouvelle à transférer leur allégeance d'un tout-culture en désintégration vers une réalité plus haute. Laquelle peut être définie de différentes façons, mais elle correspond principalement à la potentialité d'actualisation de l'espèce humaine considérée comme un royaume en soi. Dans son inclusivité totale, cette potentialité humaine pourrait être appellée Anthropos.


C'est le but de l'évolution humaine, que d'actualiser Anthropos au travers d'une longue série de tout-cultures dont chacun d'entre eux lègue quelques semences qui germineront, structureront et donneront un cadre à un nouveau tout-culture. Afin de transmettre sa fidélité à Anthropos et à l'évolution humaine, l'homme doit faire le choix de la semence. Par contre, sous la contrainte d'une liberté illimitée acquise par une vie "déstructurée", la seule issue possible est la voie de la feuille, aussi belle et colorée qu'elle puisse être, car elle se désintègrera pour devenir humus et fera partie de ces éléments rudimentaires à l'origine d'une vie nouvelle. Le choix de la semence ou le choix de la feuille, c'est le seul choix qui nous est proposé pendant la période automnale d'un tout-culture. La voie de la semence est la voie avatarique. Le temps de préparation à cet état est long et ardu, de façon à ce que Anthropos et l'évolution humaine puissent opérer au travers (trans) de l'être d'une personne : ainsi, trans + personne = transpersonnel. Essentiellement, ceci correspond à établir une relation consciente avec Anthropos et ensuite à devenir un aspect de lui qui a une place et une fonction au sein d'un plus grand tout, celui de l'Etre-Terre. Cette fonction est représentée par un quaternaire spirituel (SQT) associé à chaque personne.

Le SQT consiste en :

- une Qualité Spirituelle (SQL), représentant l'essence et la substance d'une potentialité divine ;
- un principe d'individualisation, le pouvoir intégrateur et rythmique nécessaire aux deux pour extérioriser le SQL et centrer la personnalité de chaque être humain ;
- un esprit archétypique qui crée un "champ directeur" qui donne forme au SQL et aussi une structure à chaque être ;
- et le pouvoir universel de la divine Compassion, c'est-à-dire la fondation et tout ce qui est nécessaire à tous les modes d'existence.
La voie transpersonnelle est l'effort conscient et déterminé, consacré à accomplir la fonction représentée par ce SQT pendant l'époque historique que nous vivons tous.

L'époque actuelle est marquée non seulement par la détérioration lente des touts-culture Européens et Euro-Américains, mais aussi par la désintégration qui se profile à l'horizon de tous ceux existant : ceux d'Asie de l'Est, du Sud, l'Islamique, ceux d'Afrique et ceux des Indiens d'Amérique ... et bien d'autres touts-culture se trouvent tous à différents niveaux de désintégration. De tous ces vastes humus en formation, Rudhyar suggère qu'un nouveau tout-culture cherche à émerger, qui serait d'envergure planétaire. Evidemment, une telle nouvelle société globale n'apparaîtra pas spontanément, mais pourrait être envisagée comme semée par des "groupes-semence". Cette dernière serait composée de personnes individualisées qui se consacreront à l'évolution de leur personnalité et à la transformation des relations humaines - et au-delà planétaires - afin que "tout changement naisse des relations entre eux". Ces creusets de mutation, en accord avec l'actualisation d'Anthropos, pourraient alors former les germes ou les pierres de fondation d'un nouveau tout-culture. De toutes façons, alors qu'il ne pouvait prévoir en détail ce qui devrait advenir - qui pourrait ? - Rudhyar a quand même esquissé quelques principes de base qui semblent pertinents pour l'ère à venir : le nouveau tout-culture (ou société) ne serait pas homogène. Par contre, il incluerait toutes personnes, peuples et cultures variant selon leur localisation, comme étant les parties distinctes et significatives de la "communauté-Terre" ; il serait basé sur l'amour et la plénitude, plutôt que sur les principes de peur et de manque qui prévalent aujourd'hui. La politique serait remplacée par la gestion du pouvoir et des ressources, une gestion servant les buts du Tout-planète "parce qu'il fait plaisir à la Terre d'être traitée ainsi". Ce serait une société où les deux droits - le droit d'une communauté à pousser à une productivité optimum qui assure le bien-être de tous ses membres et le droit de la personne à devenir un individu, centré sur sa propre identité spirituelle - sont synthétisés, harmonisés et maintenus opératoires. Une telle société serait soutenue par des individus accomplis, tous totalement conscients et intérieurement libres, qui pour leur part seraient inspirés par la société à accomplir dans les faits chacune de leurs places et de leurs fonctions, en tant que partie de cette nouvelle société globale. Au final, cela nourrirait et inspirerait l'accomplissement d'Anthropos au sein de l'Etre-Terre et au-delà, l'Etre-Terre lui-même, au sein du Tout encore plus grand de l'Héliocosme (le tout-système solaire).

Cette référence constante au souvenir de "Touts plus grands" imprègne la philosophie de la Totalité opératoire. Toute existence, de quelque taille qu'elle soit, vient à la vie comme faisant déjà partie d'un quelconque tout plus grand. En même temps, chaque existence est plus grande face à de plus petits touts. Conséquemment, chaque être est à la fois un plus grand tout et un sous-tout et il forme en lui-même une hiérarchie de touts, une holarchie. Cependant, cette holarchie est plus une instance qui circonscrit qu'un tout qui dirige les touts qui la constituent. Aucun tout plus grand n'a de détermination aussi juste, inflexible et absolue en ce qui concerne ses sous-parties. Tandis que le plus grand Tout a un niveau de conscience et d'activité plus inclusif que ses multiples sous-touts. A des degrés variés, un tout plus grand structure et conditionne la vie de ses sous-touts, ainsi le dernier affecte le travail des précédants. Cette organisation holarchique donne à chaque être une place et une fonction à l'intérieur d'un tout plus grand et du coup, une potentialité et un sens !

Mais le sens recquiert une certaine qualité de conscience qui soit humain. Tandis que tous les touts ont une sorte de conscience appropriée à leur propre niveau d'existence, ce n'est qu'au niveau de l'humanité que la conscience "réfléchie" est atteinte. C'est la conscience capable de développer le sens. Néanmoins, tout ce sens et tous ces efforts servent à accomplir le but d'Anthropos. La compréhension de ce but va augmentant, tandis que chaque personne accorde son sens d'existence et ses activités au niveau du SQT qui lui est associé. Car si (et quand) une personne s'est individualisée, alors elle ressent le SQT et aspire à ce "grand Tout" de façon immédiate et essentielle. Personne ne "possède", ni "a" de SQT ; au contraire, c'est la personne qui lui appartient. Pour le dire d'une façon plus directe : chacun de nous est responsable envers un SQT, parfois même appellé de façon imprécise : le "grand Soi". Le SQT représente la réponse compassionnelle à l'appel cyclique à une expérience plus inclusive de totalité et d'existence signifiante. Pour mettre notre conscience en accord avec cette réponse à l'appel et la vivre dans notre vie de tous les jours, il faut emprunter la voie de la semence, de l'avatar, le chemin joyeux de la participation consciente et de l'accomplissement en Anthropos et en l'Etre-Terre - c'est la voie transpersonnelle.



Ceci nous amène à la fin d'un message trop bref et très abstrait sur la philosophie de la Totalité opérative. Comme je n'ai pas assez d'espace dans ce Rudhyar Tribute pour parler de tout ce dont j'aurais envie, je prends l'option de m'en tenir au plus important : le "cycle d'être et le mouvement de la Totalité". Mais c'est seulement pour faire allusion à la richesse de sens, de compréhension et de guidance qui peut être récoltée par une étude des écrits de Rudhyar.

Alors pour finir, je souhaite aborder la relation que l'oeuvre astrologique de Rudhyar entretient avec la philosophie de la Totalité opérative. Si la philosophie fournit la structure et le pourquoi, l'astrologie donne le chemin à emprunter. Même si l'astrologie n'est pas le chemin en elle-même, elle suggère quand même la façon dont nous pouvons nous orienter, notre type de conscience et d'activité, pour que nous puissions trouver notre chemin et notre champ de guidance. Pratiquer l'astrologie de cette façon n'est pas spécialement aisé. En fait le client initial et le plus fondamental d'un astrologue est lui-même (ou elle-même). Par une pratique sincère et consacrée d'abord à lui-même, l'astrologue peut éventuellement devenir quelqu'un capable de rendre service utilement aux autres. Il n'est même pas absolument nécessaire de travailler avec des thèmes astologiques pour utiliser les travaux de Rudhyar. Les principes et les idées de base sont des affaires de la plus grande importance. Les livres d'astrologie de Rudhyar sont d'une grande aide pour comprendre les principes cardinaux, mais "Triptyque Astrologique" et "12 Qualities required for the Spiritual life and their Zodiacal correspondances" - dans la partie "Astrological insights into spiritual life" sont les plus utiles pour pratiquer la voie transpersonnelle dans la vie quotidienne.

En produisant à la fois une philosophie pleine, globale et orientée sur le futur, ainsi qu'une façon de la pratiquer, Rudhyar est entré dans le cercle très très restreint de ceux qui en sont capables. La plupart des philosophes ne donnent pas de façon de pratiquer leur pensée et d'autre part, les yogis et les penseurs de la psychologie ne produisent pas de philosophie. Pour autant que je sache, il n'y a qu'une seule autre personne à avoir proposé cette combinaison au 20ème siècle : le grand philosophe-prophète Indien, yogi et poète, Sri Aurobindo.

En toute circonstance, l'idéal qui donnait du pouvoir à la vie qui était celle de Rudhyar, était celui de l'"homme-semence". Cette vie était consacrée à la libération d'"idées-semence" capables quant à elles, de féconder la formation potentielle d'autres hommes et femmes-semences. Parce que si au cours d'une période automnale, aucune semence ne se forme ni se libère, comment peut-il y avoir quelque nouvelle croissance au cours d'un printemps qui semble si éloigné qu'on a peine à l'immaginer.


Réfléchir au cours des saisons ou aux cycles peut sembler fantasmagorique à certains et même à la plupart d'entre nous. Mais en son centre, au coeur de ses coeurs, la semence sait ce qu'il en est ! Elle se prépare dans des profondeurs insondables de sérénité et de foi, tandis que les feuilles célèbrent l'automne resplendissante et colorée, oublieuses de l'hiver à venir. En leur temps, les orages d'automne viendront et tout de suite après les rafales glacées de l'hiver. Et pendant ces circonstances saisonnières, la semence attend patiemment, car elle porte en son sein vision, promesse et confiance en le futur.

"La semence ou la feuille ?"
c'est le message que nous donne la vie de Rudhyar
"Qui écoute - maintenant ?"
"Qui répondra ?"


On peut lire la contribution de Patana Usuni en anglais dans le Rudhyar Tribute à cette page :
http://www.astrologie.ws/rudh03.htm
Par Adele - Recommander
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