Alexander Ruperti Astrologue Suisse - décédé le 18 janvier 1998
Dane Rudhyar 23 mars 1895 – 13 septembre 1985 Un homme-semence pour une nouvelle ère
Dane Rudhyar, Musicien, Artiste, Philosophe, Poète, Astrologue, mon ami et enseignant depuis 1936, a terminé l’œuvre de sa vie le 13 septembre 1985 et il est parti en laissant derrière lui un grand nombre de semences qui, espérons-le, germineront dans les années à venir.
Relativement peu d’astrologues semblent comprendre l’importance de sa contribution à la compréhension humaine en cette période de transition vers un monde potentiel de valeurs nouvelles, capables de transformer radicalement notre vie sur cette terre. Pour beaucoup d’entre eux, Rudhyar était juste un astrologue axé sur la philosophie et la psychologie, difficile à comprendre, mais ayant élaboré quelques techniques qu’ils ont utilisées, tout en restant dans leur approche classique de l’astrologie, de la vie et de l’univers …
Le message de Rudhyar c’est que nous vivons aujourd’hui une phase de transition importante dans le développement de l’humanité, au cours de laquelle nous devrions apprendre à penser, ressentir et agir pour créer notre futur commun tous ensemble. Un besoin se fait sentir d’un nouveau mentat, c’est-à-dire d’une nouvelle façon de penser, tandis que se fait sentir aussi le besoin de sentiments nouveaux, détachés des valeurs exclusives de nos cultures spécifiques, mais adaptés aux besoins et aux buts de l’humanité en tant que tout – entendue comme un être spirituel au sein duquel nous avons chacun des fonctions particulières à remplir. Et il y a encore un autre besoin : agir avec la conscience du but – un but qui ne soit pas dédié à nos désirs égotiques, mais à la finalité de notre vie en tant que membres d’une humanité globale. C’est ce que Rudhyar appelle « participation au Plérome ».
Selon Rudhyar, la fonction de base de l’humanité au sein de l’évolution entière de notre planète est la suivante : être le procédé de transition entre un état d’être enraciné dans la biosphère et un état suprahumain où l’unanimité consciente prévaut. L’homme évolue pour cela d’un état tribal inconscient d’unanimité, au travers de l’expérimentation des différences individuelles et culturelles, à un nouvel état d’unanimité au sein duquel tous les « Je » agissent en tant que « Nous ». Nous avons atteint un stade où nous sommes en empathie avec nos différences individuelles, lesquelles reflètent notre empathie avec nos différences nationales. C’est pourquoi nos devons porter notre attention sur la réalité qui viendra ensuite : celle où nous aurons à travailler pour l’unification (et non la dissolution) de nos particularités individuelles et culturelles dans un nouveau cadre de référence où nous aurons conscience que la Terre est un tout, un Être, au sein duquel nous avons des rôles spécifiques à jouer.
La découverte de trois nouvelles planètes au cours des trois derniers siècles – et la découverte probable au cours du siècle à venir (le 21ème siècle) d’une quatrième que Rudhyar a proposé de nommer Proserpine – est le signe et le symbole de l’importance de cette immense transition que nous sommes en train de vivre. En fait, rien de tel n’est arrivé dans le passé, c’est pourquoi les valeurs traditionnelles ne peuvent l’expliquer.
Rudhyar a utilisé l’astrologie comme moyen d’atteindre un maximum de personnes, de même que H.P. Blavatsky utilisait le spiritualisme pour faire la même chose. Le message de Rudhyar n’est pas astrologique en soi. Mais l’astrologie telle qu’il la présente peut être un excellent moyen pour permettre aux gens de s’orienter à l’intérieur de cette période de transition et d’assumer le processus nécessaire à la transformation de leur vie personnelle en vie transpersonnelle. Mais ce qui était vraiment important pour Rudhyar, c’était d’amener les gens à changer leur vie pour qu’elle corresponde au besoin de l’humanité en tant que tout - et d’acquérir des valeurs et un but complètement nouveaux. Tout ceci basé sur la prise de conscience que l’Homme peut devenir non seulement plus que ce qu’il est, mais que c’est sa fonction que de le faire.
À cause de la signification péjorative habituellement attribuée à la « nature humaine », peu d’entre nous savent ce que représente être vraiment « humain ». Être humain, c’est prendre conscience du fait que notre dharma consiste à devenir plus qu’humain. La réalisation totale de l’état d’être humain en tant que Soi avec un S majuscule, conduit à la prise de conscience que ce Soi n’est pas séparé, mais inclus dans tous les autres Soi et constitue ce que Rudhyar appelle : l’Homme avec un H majuscule. C’est ce que dit avec d’autres mots l’écrivain français Saint Exupéry : « L’individu est un chemin ; mais l’Homme est le seul qui puisse l’emprunter ». En fait, il parle de l’état « transpersonnel », un mot très à la mode aujourd’hui, mais dont pratiquement personne ne comprend le sens exact. Rudhyar suggère que la naissance donne tout simplement à l’être humain la possibilité de considérer sa vie toute entière comme un processus de transformation. Ce qui lui permet de vivre sa vie au travers de ce processus de transformation, consciemment ou pas, rapidement ou pas, peu importe. Ce processus est une série de mouvements et de changements en interrelation, qui ont une source et un but à accomplir. Hommes ou femmes peuvent effectuer ce processus de base qui constitue la condition humaine et le faire consciemment et délibérément. C’est le destin humain, le dharma de l’Homme.
Les plantes et les animaux ne peuvent vivre de cette façon. L’homme le peut, parce qu’il est libre de ne pas le faire. C’est la liberté humaine – bien qu’elle soit relative. Le sens donné à « nature » et « nature humaine » a beaucoup évolué au cours du 20ème siècle. C’est une des raisons pour lesquelles l’interprétation astrologique et l’utilisation que l’on en fait devraient changer les procédures de compréhension classiques. Il faudrait les faire passer du niveau où les événements matériels ne sont pas reliés entre eux, fatalistes et vides de sens, à un niveau où ils sont entendus comme les phases d’un processus, reliés les uns aux les autres, nécessaires et signifiants, aussi difficile que puisse être la rencontre avec ces événements. Un niveau où la vie est entendue comme un processus global au travers duquel ce qui était potentiel à la naissance peut être actualisé.
Dans des centaines d’articles et un certain nombre de livres, Rudhyar a tenté d’unifier la symbolique astrologique et les découvertes les plus profondes et les plus éclairées de la psychologie. Le résultat a été toute une série de techniques et de réinterprétations de la tradition, permettant de construire une pratique de l’astrologie à un nouveau niveau d’interprétation plus en phase avec la qualité de compréhension humaine de son époque. Ces techniques nouvelles sont basées sur la connaissance du déploiement structurel de processus tels que celui du cycle de la lunaison, du cycle de lunaison progressée (directe et converse), de l’interprétation des aspects comme phases de cycles. Le but de la consultation astrologique est de révéler la signification d’un thème, plutôt que de prédire des événements. Ainsi, l’interprétation du thème natal, plutôt que d’établir objectivement le caractère d’une personne, devient un éclairage sur ce qui devrait être accompli par cette personne pour devenir ce qu’elle est potentiellement. Toutes les différences individuelles viennent de l’utilisation que fait chacun d’entre nous de sa nature humaine et du but que nous nous sommes fixé. Selon nos choix en la matière, nous pouvons nous adapter à nos rythmes biologiques, à nos valeurs socioculturelles, à nos buts individuels et aux nécessités transpersonnelles qui sont les nôtres. Et ce n’est pas le thème natal qui peut nous le dire. Tout dépend du niveau auquel chacun d’entre nous est capable de fonctionner – et il est possible de fonctionner à quatre niveaux au cours d’une vie ... Ce qui veut dire que les significations données aux planètes et aux signes ne peuvent pas être statiques. Tous les facteurs astrologiques peuvent être interprétés aux quatre niveaux et peuvent être positifs et négatifs selon l’utilisation que l’on en fait. Évidemment, dans l’absolu, rien n’est positif ou négatif et rien n’est déterminé depuis la naissance. La naissance est le début d’un processus dynamique qui devrait être vécu en conscience et tourné vers sa finalité. Astrologiquement cela veut dire voir le thème natal, ses progressions et ses transits, comme le moyen d’agir toujours au bon moment et de la façon la mieux adaptée, afin de faire de toute potentialité une réalité. Et cette potentialité ne consiste pas seulement à devenir une personne « meilleure » ou plus puissante en termes socioculturels. Il s’agit du développement de la personnalité en tant que moyen d’accomplir sa finalité, c’est-à-dire sa condition suprahumaine.
Le besoin de se sentir en sécurité en voyant de l’ordre dans l’existence est le besoin basique de l’homme. Au travers de l’histoire et à différents niveaux, l’astrologie a tenté de répondre à ce besoin. Ca fait un certain nombre de siècles que la perception de l’astrologie en matière d’ordre céleste est à la base de toute culture, religion et science. Mais il n’existe pas d’astrologie avec un A majuscule. À chaque époque, l’astrologie du moment était une réflexion sur le genre d’ordre que chaque culture voyait dans les mouvements célestes, du type de relations que la culture formulait entre le ciel et la terre. Aujourd’hui, selon le nouveau type d’ordre envisagé par l’astro-physique, l’interprétation de tous les champs de force de l’univers est vue comme des touts à l’intérieur d’autres touts et nous pouvons dire que notre sécurité nous la devons à la réalisation de tout ce qui a ordonné et organisé le système solaire (le plus grand tout pour la terre) et les mouvements des planètes, qui mettent en ordre le processus d’existence sur terre. Il n’est donc plus besoin d’utiliser les théories sur les influences planétaires ou sur les énergies pour justifier l’astrologie. Nos perceptions culturelles de l’ordre céleste – le système solaire – est pour nous le symbole d’un plus grand tout dans lequel nous « vivons et nous mouvons et où se trouve notre vie ».
Les signes du Zodiaque, les Maisons, les planètes, les aspects, sont tous des symboles dérivés des faits de notre culture astronomique sur les mouvements célestes. Il y a des moyens pour comprendre comment notre terre et tout ce qui y vit, agit en relation avec le grand tout (système solaire), dont les rythmes sont synchrones avec le processus cyclique discernable dans les collectivités humaines et dans les vies des personnes individuelles. Nous ne sommes pas influencés par le système solaire. Il existe un plus grand tout – la galaxie - dont le système solaire est une partie. L’astronomie moderne ne peut plus aller plus loin dans sa vision holarchique de l’univers, mais à chaque niveau, c’est le grand tout qui nous permet de comprendre les principes de base et les activités fonctionnelles qui opèrent partout selon des rythmes analogues ou en correspondance. Les rythmes discernables au niveau du système solaire avec ses planètes sont identiques aux rythmes discernables dans la vie sur terre. Nous interprétons ce fait en disant que les planètes « symbolisent » cela sur terre et dans les êtres humains.
Chaque planète, la terre incluse, a une fonction définie à réaliser au sein du plus grand tout qu’est notre système solaire. Chaque être humain a une fonction à réaliser au sein du plus grand tout qu’est l’humanité. L’humanité a une fonction à remplir au sein du destin de notre terre. Notre job en tant qu’êtres humains est de prendre conscience de ces différentes fonctions et d’agir en accord avec elles. C’est pourquoi l’astrologie peut être une forme très pratique d’« occultisme » permettant à chacun d’entre nous de vivre en accord avec le véritable but de notre existence sur cette planète. L’astrologie de Rudhyar est adaptée à ce propos et à ceux d’entre nous qui le souhaitent et sont capables, au niveau de l’évolution humaine où ils se trouvent, de transformer les désirs de notre ego en volonté de vivre pour notre finalité.
Le thème de naissance n’est pas une possession personnelle décrivant ce que nous sommes et comment nous nous différencions des autres. C’est un instantané de l’univers au moment où nous sommes nés, vu de l’endroit où nous sommes nés. C’est pourquoi il symbolise le besoin du plus grand tout auquel nous pouvons donner une réponse. Il nous dit pourquoi nous sommes nés. Les progressions et les transits nous montrent quand et à quelles conditions nous pouvons actualiser progressivement les qualités d’être et d'agir nécessaires à combler le besoin pour lequel nous sommes nés. Quand nous avons des problèmes et que nous nous rendons chez un astrologue, la dernière chose à faire selon Rudhyar, est d’évoquer la signification d’une situation qui serait en relation avec le but potentiel de notre vie. Cette signification est révélée par les phases du processus cyclique qui commence le jour de notre naissance et que nous sommes toujours en train de traverser. Les phases des différents cycles sont éclairées par les progressions et les transits et ce sont eux qui nous révèlent ce qu’il faudrait faire à un moment donné, si nous le souhaitons. Je dis bien « faudrait » pour marquer la différence qui existe entre les différents niveaux et les différentes personnes. Il n’y a effectivement jamais un seul niveau et une seule interprétation à donner au « faudrait ». L’astrologue doit être assez sage pour utiliser son ressenti, son intuition et sa raison pour se mettre en phase avec le niveau où la personne peut agir positivement, sans utiliser ses valeurs personnelles dans son aptitude à juger de la situation. Tant qu’une personne n’est capable de vivre que sur des bases égocentriques et sur des lignes socioculturelles qui lui conviennent, l’astrologue ne doit évoquer que ce niveau. C’est ce que fait l’astrologue classique, parce que lui-même vit à ce niveau-là. De toute façon, il ne devrait même pas donner son interprétation de la situation où se trouve son client, si c’est pour lui faire comprendre qu’il n’a pas d’alternative, ou que ce sont les étoiles qui font advenir les choses. Il devrait toujours donner des suggestions en laissant son client psychologiquement libre de les accepter ou de les rejeter.
En 1980, Rudhyar a proposé une interprétation transpersonnelle du thème natal, des progressions et des transits. Cette approche nouvelle est analogue à celle de la de la psychologie transpersonnelle, mais en fait elle va plus loin dans ses implications. Nous avons déjà parlé du transpersonnel comme étant le pas au-delà de l’individualisme et le niveau d’être où l’individu devient conscient de la fonction qu’il a au sein du plus grand tout. C’est pourquoi être transpersonnel c’est laisser le but du plus grand tout se manifester au travers de soi. Ce qui entraîne un processus de transformation et de transcendance. Pour cette raison, interpréter un thème natal, des progressions et des transits à ce niveau, veut dire que tout élément astrologique doit être considéré comme moyen de transformation de l’inertie du passé, des habitudes sociales et mentales que nous avons tendance à répéter – même si nous le faisons de façon superficielle. Une interprétation transpersonnelle dira comment utiliser toute circonstance, événement, tension, crises, pour maîtriser l’inertie du passé ; elle cherche aussi à évoquer la relation verticale possible entre une personne (un plus petit tout) et un grand tout – en un sens, l’humanité et la planète Terre, dans un autre, la Qualité spirituelle et le Champ de l’Âme qui représente notre véritable identité.
D’autre part, l’astrologie transpersonnelle permet de savoir comment, dans un cas particulier, la personne peut transmuter le karma en dharma. La lecture du thème natal orientée sur le caractère de l’être humain, avec ses forces et ses faiblesses, permet d’apprécier les conditionnements et le karma de cet être. Comme je viens de le dire, le karma représente toujours la somme du passé, à n’importe quel niveau, les résultats des actions mal accomplies ou laissées de côté. L’astrologie de Rudhyar interprète le karma sur quatre niveaux ; c’est l’inertie du passé qui émerge sous la forme de schémas et de courants d’énergie – en termes d’origines ancestrales et génétiques pour le niveau biologique – en termes de passé de la société et de la culture auxquelles on appartient pour le niveau socioculturel – en termes de décisions et d’actions ou de manque de décisions passées pour le niveau individuel – en termes de succès ou d’échecs relatifs d’une des personnalités précédentes en relation avec la qualité spirituelle et le champ de l’âme pour le niveau transindividuel.
Le dharma représente ce pour quoi nous sommes nés, le potentiel de signification et de finalité que le plus grand tout (l’humanité ou le Champ de l’Âme) a investi sur notre naissance. C’est ce que nous pourrions faire pour l’humanité considérée comme une entité spirituelle dont nous faisons partie et aussi ce que l’humanité nous aidera à faire, si nous laissons l’humanité nous aider. L’inertie du karma, cependant, tend généralement vers une répétition de vieux schémas, vieilles valeurs et façons de faire traditionnelles. L’action du dharma sur le karma est la raison de nos multiples crises, au moment où nous atteignons un certain niveau d’évolution. Le dharma nous met constamment au défi d’arrêter d’agir comme une créature du passé et de devenir, en même temps que les autres « véritables » individus, créateur du futur. A des niveaux strictement personnels, le défi est de travailler à devenir un agent focalisateur au travers duquel l’humanité (le Champ de l’Âme) puisse réaliser une finalité particulière.
Pour Rudhyar, Uranus, Neptune et Pluton représentent les trois pas ou étapes sur le chemin transpersonnel. Uranus se réfère à quelque forme de crise sur le niveau mental qui cherche à ouvrir notre conscience à des cadres de référence plus larges, au travers d’idées nouvelles. Neptune introduit un processus de déconditionnement en nous obligeant à être vraiment objectifs sur ce passé qui a conditionné tout particulièrement nos sentiments. Pluton introduit un phénomène de catharsis et tente de nous pousser à agir selon la dimension plus vaste révélée par Uranus et Neptune. Il est évident que, aussi longtemps que nous limiterons nos vies aux valeurs socioculturelles acceptées par notre société, ces trois nouvelles planètes seront entendues comme ce que l’astrologie classique appelle « maléfiques ». Cependant, si nous avons acquis une perspective historique grâce à l’étude magnifique de Rudhyar sur les cycles plus longs des planètes qui se réfèrent aux changements et aux transformations collectives, alors nous pouvons prendre conscience que ces cycles nous aident à comprendre le but actuel du plus grand tout (l’humanité et la terre) qui conditionne inévitablement nos buts personnels à n’importe quel moment de l’Histoire. C’est parce que nous tendons à vivre et à agir uniquement en termes de désirs et de buts personnels, que nous trouvons la vie si difficile (les désirs et les buts nationaux en sont l’équivalent collectif). Les comportements personnels et nationaux devraient être vécus pour les besoins de l’humanité. Parce que l’humanité est dans une phase de transition, en tant qu’individus, nous devrions comprendre que nous sommes aussi en phase de transition. Nous ne serions pas nés maintenant, si nous n’étions pas des individus potentiellement capables d’aider l’humanité à prendre les bonnes décisions dans cette période cruciale. Toute personne bloquée par l’inertie de la peur, échoue à s’aligner sur la possibilité de créer ensemble un futur nouveau et cet individu ou cette nation se transforme alors en mal, en ennemi de l’humanité.
La science nous a donné une perspective globale qui n’existait pas dans le passé, excepté pour quelques rares individus. Les principes occultes et ésotériques ne sont plus depuis longtemps, ni occultes, ni ésotériques. Ils sont disponibles à qui veut les consulter, grâce à des traductions qui ont permis l’interpénétration de toutes les valeurs culturelles, quelle que soit leur source. Ce sont ces principes qui se trouvent en arrière de toutes les cultures, toutes les religions et les philosophies et pour la première fois, ils permettent à tout un chacun, n’importe où, de donner structure, objectivité et clarté à la compréhension du processus d’évolution qui gouverne l’univers. Pour Rudhyar cependant, la seule chose vraiment essentielle dont nous avons besoin pour la transformation du collectif et de l’individu c’est le développement d’un nouveau mentat, d’une mentalité nouvelle capable de rencontrer le futur, parce que libérée des fantômes du passé. Nous sommes tous encore bient trop conditionnés par notre culture, par ses paradigmes, par ses symboles et ses images, dans tout ce que nous pensons, ressentons et faisons. Aussi, nous avons trop tendance à penser que pour devenir des individus libres et authentiques, nous devrions substituer les valeurs d’une culture étrangère aux nôtres, puisqu’il est à la mode de suivre les préceptes Hindous, Bouddhistes et Zen …
La chose la plus importante est de savoir où nous en sommes maintenant et d’accepter la proposition de Rudhyar comme un nouveau départ. Quand on sait où on en est, alors on peut se mettre en mouvement. Pour Rudhyar, l’essentiel, bien plus que de changer de place, est de se préparer à se mettre en mouvement et de passer au travers de tout ce que la vie nous présente. Nous luttons sans cesse contre des tas de choses, nous tentons de nous discipliner et de réussir. Mais la croissance en conscience ne peut advenir que par l’expérience des opposés. Être conscient c’est être capable de « passer au travers », dit Rudhyar. La conscience naît de l’expérience du passage …
Ayant expérimenté le plein, l’homme est maintenant gavé de ce champ d’expérience parce qu’il a acquis la conscience de lui-même, l’expérimentateur … La victoire est un passage elle aussi, on ne peut pas la rejeter. On ne peut pas non plus rejeter la nature avant l’expérience ; on ne peut pas la fuir, ni l’éviter, même si on a très peur. Pour l’homme, la seule solution de cette compétition avec la nature est de la traverser, puis d’émerger de l’expérience, afin de continuer sur chemin vers une plénitude d’être totale.
J’espère que ces quelques pages pourront aider les lecteurs à avoir une meilleure perspective sur Rudhyar et sa contribution à l’astrologie. J’ai été en contact avec lui depuis la publication de « L’Astrologie de la Personnalité » en 1936. Il a immensément enrichi ma vie et ma compréhension. J’espère que d’autres que moi seront autant inspirés par les livres qu’il nous a laissés et ressentiront la nécessité de vivre plus pleinement en accord avec leur thème natal, consciemment et volontairement
afin qu’ils trouvent et empruntent la voie transpersonnelle
et qu’ils deviennent des agents dignes de l’Homme
dont seul le destin global donne du sens à nos vies personnelles.