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Le 3 septembre 2006

D’abord un petit rappel. De-ci, de-là, on lit que l’objet que le Dr Brown a annoncé l’été dernier avoir découvert et qui portait à ce moment-là le nom-chiffre de sa découverte : 2003UB313, s’appellerait Xena. Xena était le surnom que l’équipe du Dr Brown avait donné à cet objet en attendant que l’UAI (Union Astronomique Internationale) lui donne son nom officiel et définitif, à partir des propositions que le Dr Brown et son équipe avaient faites, et qui allaient plutôt dans le sens de la mythologie, comme pour toutes les autres « planètes » du système solaire. On trouvait par exemple dans ces propositions de nom pour 2003UB313, le nom de Proserpine, que les astrologues rudhyardiens affectionnaient particulièrement, car Rudhyar avait expliqué que si les astronomes découvraient une autre planète au-delà de Pluton, la logique voudrait qu’on la nomme Proserpine (pour les détails, cf. «Triptyque Astrologique » aux Editions du Rocher, dans le dernier chapitre).

Ce qui est intéressant ici, c’est surtout que l’année dernière, 2003UB313 alias Xena, l’équipe du Dr Brown l’appelait déjà la 10ème planète, parce que l’objet était plus gros que Pluton, alors que ce n’était – selon l’UAI – qu’un objet de plus découvert aux confins du système solaire, dans la ceinture de Kuiper. C’est donc au moment où l’équipe du Dr Brown a commencé à proposer des noms pour « nommer » officiellement cette 10ème planète, que l’UAI a commencé à tiquer un peu et à déclarer qu'il ne fallait peut-être pas mettre la charrue avant les boeufs, et que tant que la notion de planète ne serait pas redéfinie, elle ne donnerait pas de nom officiel à 2003UB313 - alias temporairement Xena. Et d’organiser des séminaires de réflexion entre astronomes pendant toute l’année qui vient de s’écouler, séminaires qui ont abouti le 25 août dernier à une définition plus « radicale » qu’avant de la notion de planète, mais surtout – et c’est ce qui nous interpelle maintenant, nous astrologues, et nous donne à réfléchir (on adore ça, donc c’est tant mieux !) – à « déclasser » Pluton comme planète à part entière, pour le ranger dans une nouvelle catégorie, celle des planètes naines (qui sont des astéroïdes, mais de forme ronde), où viennent aussi se ranger les autres objets de la ceinture de Kuiper comme Xena qui, quoique plus grosse que Pluton, n’a pas obtenu son statut de planète et donc pas non plus de nom qui serait issu de la mythologie, comme les « vraies » planètes du système solaire. Exit donc une planète qui se serait appelée Proserpine, mais exit aussi Xena et à sa suite, le « petit » Pluton.

2003UB313 alias Xena, est donc surtout un objet qui a maintenant acquis l’importance importantissime d’être à l’origine de la redéfinition de la notion de planète par les astronomes, et souhaitons que l’Histoire de l’Astrologie (au moins) le retienne comme tel … quand elle réfléchira à sa symbolique possible, même si son nom (Xena est un personnage créé de toutes pièces pour les besoins d’une série télé américaine) ne fait pas partie du panthéon de la mythologie d’un peuple existant.



Concernant Pluton

Découvert en 1930, et gratifié à l’époque du statut de planète, cet « objet » évolue donc dans la ceinture de Kuiper qui est constituée de bouts de glace, de morceaux de roche, de tout un tas de débris résultant de la formation du système solaire et qui ont été repoussés d’époque en époque jusqu’à ses confins. Sans doute que je n’avais pas fait assez d’astronomie jusque-là, mais j’avoue que c’est en lisant le texte du Dr Brown que j’ai traduit pour le mettre ici en ligne, que j’ai appris que c’était la planète Neptune qui trimballait avec elle tous ces débris, tous ces objets, et les contraignait à orbiter un peu plus loin qu’elle, parce qu’elle les « dominait ». Ainsi donc tout à coup, Neptune, que j’ai toujours appris et compris être la seconde des trois transsaturniennes et/ou transpersonnelles avec Uranus et Pluton, change de place d’un seul coup d’un seul dans mon imaginaire astrologique et aussi dans ma pensée, elle devient surtout celle qui « domine » Pluton (et les autres objets gravitant dans la ceinture de Kuiper comme Xena ou Quaoar par exemple), alors que jusque-là j’avais l’impression que c’était le contraire : Pluton qui dominait (surtout symboliquement d’ailleurs) Neptune, même si à ce niveau-là de la réflexion et de la philosophie transpersonnelle, plus rien ne domine rien, par contre ce qui précède s’augmente de ce qui vient après et qui lui donne tout son poids, si on veut, toute sa richesse en tout cas. Mais non, d’un point de vue astronomique … Pluton n’est pas une planète … Pluton ne « domine » pas son voisinage, Pluton évolue, de même qu'une multitude d’objets qui lui sont similaires, dans la ceinture de Kuiper, astéroïde, nous dit le Dr Brown, parmi plein d’autres astéroïdes dont l’astrologie jusque-là ne tient compte que dans une certaine mesure, c’est-à-dire quand elle cherche à affiner l’analyse d’un thème ou le fonctionnement général du système solaire dans lequel nous vivons, pour l'explorer dans ses moindres détails.

Mais est-ce si grave pour autant ? Et que faire en termes astrologiques de l’analogie proposée par les astronomes ? L’appliquer, ne pas l’appliquer ? Ne devrait-on pas en tout cas, profiter de l’occasion pour remettre notre « système » en cause, parce que finalement, il n’y a rien de plus sain que de remettre en cause les systèmes, quand ils deviennent établis, quand ils se « saturnisent » … quand ils se cristallisent sur des pensées que l’on tient pour acquises. Alors dans un système où Pluton ne serait plus une planète, quel statut astrologique pourrait-on lui donner ? On a tellement parlé de lui, on a tellement réfléchi à sa symbolique, depuis les années 30 du siècle précédent, qu’on a fini par le trouver indispensable, qu’on s’est (pour certains d’entre nous dans les thèmes desquels il est placé à un endroit stratégique) trouvés plutoniens – moi-même je n’échappe pas à cette règle avec Pluton conjoint à la Lune Maître d’Ascendant – et qu’on ne sait plus analyser un thème sans Pluton …

Comment donc le conserver intégré à une analyse de thème, sans le considérer comme une planète ? Tout simplement, je pense, en l’envisageant comme représentant des objets orbitant dans la ceinture de Kuiper, au même titre que Cérès (astéroïde évoqué par les membres de l’UAI au cours de ses conversations de l’année écoulée) représente les objets orbitant dans la ceinture d’astéroïdes située entre Mars et Jupiter, et Chiron ceux orbitant entre Saturne et Uranus. On se retrouve donc ainsi avec trois points dits « clef » dans le système solaire, ainsi que trois points clefs dans notre système astrologique « évolutif », des points que l’on pourrait aussi appeler « points de passages évolutifs », avec :

- Cérès (la mère nourricière avec laquelle il faut couper le cordon - et la mère de Proserpine d’ailleurs aussi, soit dit en passant), c’est le passage de l’individuel (les planètes individuelles du Soleil à Mars) au social ;

- Chiron, c’est le passage du social (les planètes Jupiter et Saturne) au collectif / transsaturnien ; 

- Pluton, c’est le passage du collectif / transsaturnien (les planètes Uranus et Neptune) à quelque chose de plus profond dans l’Univers, qui correspond à ce qui se situe au-delà du système solaire et dont les avant-postes sont occupés par des objets du genre Sedna, qui n’ont sans doute aucune incidence sur nos thèmes individuels, mais nous servent de relais sur le chemin d’une astrologie très très chère à Rudhyar, d’ailleurs, l’astrologie galactique.


Comme il faut toujours remettre les choses dans leur contexte, ainsi que le préconise avec insistance le Dr Brown dans son texte, car sinon, on ne peut pas « définir » une planète, alors sans doute est-il intéressant de ne pas oublier de constater que Pluton est déclassé en tant que planète, au moment où, astronomiquement parlant, il transite devant le Centre Galactique - l'espace symbolique où se développent les graines de l'humanité future - car en devenant « passeur » dans ce nouveau système, il propose d’ouvrir la fameuse « troisième porte » des ésotéristes, celle évoquée par Alice Bailey aussi, celle des Maîtres de Sagesse, celle qui consiste à pratiquer l’INITIATION par excellence, LA transformation « essentielle » à l’homme : mourir à soi-même avant de renaître sprituellement « au-delà », avec un état d’Esprit différent, c’est-à-dire plus large, plus ouvert, plus galactique en l'occurence, parce que plus en accord avec l’immensité infinie de notre Univers et des galaxies dont il est composé, un état d’Esprit où l’on a conscience d’Être une parcelle du Tout, d’Être acteur de la Conscience de l’Univers.



Transpersonnel ou pas transpersonnel ?

A cela je ne saurais encore répondre, même si j’aurais tendance à dire qu’il faudrait trouver autre chose pour définir Uranus et Neptune, maintenant que Pluton a été déclassé en tant que planète, et s’il adopte son nouveau statut de « passeur ». Il faudrait voir comment les choses peuvent s’agencer, se repenser. Parce qu’au fond, c’est son statut de « planète » qui l’avait fait entrer dans le club très fermé des transpersonnelles et considérer comme LA « planète » de la transformation, celle qui « ensemencait » tout le système solaire, l’aboutissement et sans doute aussi l’origine d’un système entièrement voué à la transformation, en termes rudhyardiens en tout cas.

Alors, c’est son nouveau statut d’astéroïde qui en toute logique fait sortir Pluton de la trilogie des planètes transpersonnelles, et avec lui, en toute logique aussi, on a le devoir de se poser la question de savoir si ce ne serait pas la notion de planètes transpersonnelles qui serait à faire évoluer. Car, après tout, la révolution d’Uranus autour du Soleil étant de 84 ans, c’est-à-dire la durée d’une vie humaine, c’est donc la planète qui avec l’évolution des sciences et des techniques médicales a rejoint la première la notion d’humanité dans son entièreté, se déclassant ainsi tout naturellement d’un possible statut transpersonnel. C’est récent que la durée moyenne d’une vie humaine soit à peu près de 84 ans, c’est donc aussi récent d’envisager qu’Uranus pourrait être moins « transpersonnelle » qu’avant. Mais comme il n’y a pas eu d’événement important lié à ce fait, on n’y a pas trop fait attention. Le glissement s’est fait lentement, avec les années, et elle a perdu avec le temps sa "trans-personnalité" puisqu'elle peut maintenant être intégrée dans le cadre d'une vie humaine, alors qu'avant sa découverte, la vie humaine ne dépassait guère deux cycles de Saturne.

Par contre pour Pluton – de toutes façons c’est sa nature ! – nous venons d’avoir droit à une sorte de coup de tonnerre dans un ciel clair avec son déclassement du statut de planète, tel qu’on en tremble encore un peu, une dizaine de jours après … Alors resterait seulement dans le groupe des transpersonnelles, Neptune, la grande, la dominante Neptune, tant en tout cas que la durée moyenne d’une vie humaine n’atteint pas 164 ans … elle reste « au-delà » de nous, elle nous dépasse encore, elle représente toujours le lointain, parce que dans le temps d’une vie humaine, elle ne parcourt que la moitié de l’hémicycle du Zodiaque. D'après l'enseignement d'Alice Bailey, l'humanité est au mi-point de son cycle d'involution-évolution, ce qui symboliquement correspond exactement à l'idée que dans le cours d'une vie humaine, Neptune ne parcourt que la moitié de l'hémicycle du Zodiaque. Un demi-cycle, symboliquement, c'est un aspect d'opposition, donc d'accomplissement et d'émergence, une sorte de Pleine Lune neptunienne en l'occurence qui s'accomplit en majesté au moment où Pluton tire sa révérence ...

Peut-être d’ailleurs que l’Acte Initiatique du « passeur » Pluton pourrait être considéré comme un acte purement transpersonnel, et qu’on pourrait aussi le relier - en tant qu’astéroïde, donc avec certaines nuances - à la notion de transpersonnel, mais tout cela mérite encore réflexion, en tout cas pour moi …



La force de Neptune


Si l’on envisage Pluton non plus comme une planète, mais comme l’astéroïde « passeur » vers l’Univers profond, Neptune, en tant que dernière planète du système solaire, prend une importance particulière. Elle devient, selon les termes du Dr Brown, LA planète dominante du système solaire, celle qui « intègre » tout sur son passage ou alors « rejette » aux confins du système solaire. Là encore, l’image est nouvelle, Neptune devient presque une sorte d’ogre aux appétits démesurés, pour lequel rien n’est trop beau, rien n’est trop grand, une sorte de Jupiter, mais en beaucoup plus grand encore ! En ce sens, elle peut se parer d’une partie de la symbolique que Pluton laisse derrière lui en devenant le passeur/initiateur, la partie destructrice, même si Neptune agit plutôt sous forme de solvant, le résultat est à peu près le même, à  la nuance près quand même – qui permet d’ailleurs de la « plutoniser » plus aisément – que Neptune dont la symbolique première est l’inclusivité (ça ça colle quand elle « intègre ») n’est pas sensée être excluante, ce qu’elle fait pourtant quand elle rejette les objets comme Pluton, Xena, Quaoar et leurs autres accolytes dans la ceinture de Kuiper où ils sont en passe de quitter le système solaire, et où ils orbitent n’importe comment sur des plans qui n’ont plus rien à voir avec l’écliptique, et où même ils se décentrent complètement comme Sedna qui est d’ailleurs plus proche du nuage d’Oort que de la ceinture de Kuiper, tout en traversant quand même le système solaire pendant 72 des années de sa révolution complète d’environ 12.000 ans.

Ainsi la redéfinition de la notion de planète par l’UAI, positionne Neptune en tant que dernière planète du système solaire, où elle a tout l’air de jouer les « aspirateurs » (ah ! aspirer à … ), les nettoyeurs aussi, un peu comme ce bon vieux Pluton, du temps où il était planète … Au fond, même le « cadre » du Zodiaque est prêt pour ça : Neptune ne maîtrise-t-il pas le signe des Poissons, le dernier Signe de la Roue du Zodiaque avant le démarrage d’un nouveau cycle en Bélier, Neptune n’est-il pas en analogie avec la Maison XII, la dernière des Maisons avant incarnation en Maison I ? Et Pluton, n’a-t-on pas eu un mal fou à lui trouver une maîtrise, sur laquelle personne n’a jamais réussi à se mettre d’accord, puisque personne n’a encore réussi à trancher entre le Scorpion, le Sagittaire, les Poissons (où il est aussi entendu comme régent ésotérique), voire même le Bélier pour Rudhyar ? Sans doute parce qu’aucune maîtrise n’est nécessaire pour les astéroïdes, comme pour les points fictifs …


Pour conclure, autre chose m’a énormément frappée dans le texte du Dr Brown sur le  nouveau statut des planètes, c’est le moment où il dit que pour obtenir le statut de planète, un objet planétaire doit « évoluer » et passer par des stades de « transition » au cours desquels sa masse augmente, et où il se met à intégrer les autres objets qui passent à sa portée. On voit bien dans le processus l’idée d’Etre Planétaire se dessiner en arrière de celle de corps planétaire, on ressent le côté « vivant » et pas seulement symbolique du processus, l’accès à une identité, une autonomie, une construction, pour chacune des planètes du système solaire, contrairement à ce qui arrive aux objets qui restent errants et ne deviendront donc de ce fait, jamais des planètes, donc jamais des Etres Planétaires.

Adèle


(Je signe Adèle, puisque ce texte est écrit à la première personne, mais il est aussi, pour certaines de ses parties, écrit en collaboration avec Jacques, à partir de réflexions que nous avons échangées par mails depuis l'annonce de la redéfinition de la notion de planète par les astronomes de l'UAI. Pour visiter le site de Jacques "La route illuminée", qui rend lui aussi hommage à Dane Rudhyar, cliquer sur le lien de son site dans la colonne de gauche, rubrique "se relier".

Additif : Depuis ce soir (10 septembre 2006) il y a aussi dans le site de Jacques un texte de réflexion sur le même sujet, donnant sa version à lui de ce qui au fil des pages que nous mettons en ligne dans nos sites respectifs, devient une discussion qui se prolonge et s'enrichit au fur et à mesure.
C'est à cette adresse :
http://www.la-route-rudhyar.org/pluton_nouveau_sens.html


par Adele recommander
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