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Rudhyar-Ipseite : Dane Rudhyar, traductions, ipséité, humanisme, transpersonnel

Rudhyar-Ipseite : Dane Rudhyar, traductions, ipséité, humanisme, transpersonnel

Hommage à Dane Rudhyar, philosophe, musicien, peintre, poète, écrivain et astrologue : traductions de textes qui lui rendent hommage et réflexions personnelles en astrologie humaniste et transpersonnelle, astronomie, trans-neptuniens.

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Les clochards célestes

Dimanche 24 février 2008

- Donne-moi la bouteille que je boive encore un coup. Hou-oo-ou! (Japhy se releva d'un bond.) J'ai lu Whitman, et savez-vous ce qu'il dit ? Debout les esclaves, faites trembler les despotes étrangers. Il croit que telle doit être l'attitude du Barde, du Barde Fou inspiré par le Zen, sur les vieilles pistes du désert. Il croit qu'il faut imaginer le monde comme le rendez-vous des errants qui s'avancent sac au dos, des clochards célestes qui refusent d'admettre qu'il faut consommer toute la production et par conséquent travailler pour avoir le privilège de consommer, et d'acheter toute cette ferraille dont ils n'ont que faire ; réfrigérateurs, récepteurs de télévision, automobiles (tout au moins ces nouvelles voitures fantaisistes) et toutes sortes d'ordures inutiles, les huiles pour faire pousser les cheveux, les désodorisants et autres saletés qui, dans tous les cas, atterriront dans la poubelle huit jours plus tard, tout ce qui constitue le cercle infernal : travailler, produire, consommer. J'entrevois la grande révolution des sacs à dos. Des milliers, des millions de jeunes Américains, bouclant leur sac et prenant la route, escaladant les montagnes pour prier, faisant rire les enfants, réjouissant les vieux, rendant heureuses les jeunes filles et plus heureuses encore les vieilles, tous transformés en Fous du Zen, lancés de par le monde pour écrire des poèmes inspirés, sans rime ni raison, pratiquant la bonté, donnant l'image de la liberté par leurs actes imprévus, à tous les hommes et même à tous les êtres vivants ; c'est cela que j'aime en toi, Goldbook, et en toi, Smith, venus tous deux de cette côte Est que je croyais morte.

Publié le 14/05/2005 à 15h22 dans Pluton n'est plus une planète

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