Hommage à Dane Rudhyar, philosophe, musicien, peintre, poète, écrivain et astrologue : traductions de textes qui lui rendent hommage et réflexions personnelles en astrologie humaniste et transpersonnelle, astronomie, trans-neptuniens.
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Le grand débat sur la notion de planète n'a toujours pas eu lieu
Le 16 septembre 2008
Début août, un nouveau débat de l'Union Astronomique Internationale a eu lieu à
Baltimore, afin de définir à nouveau la notion de planète. Depuis août 2006, il était établi que le système solaire comptait 8 planètes principales et des planètes naines, catégorie dans
laquelle Pluton avait été entré et donc "déchu" de son statut de planète à part entière - pour des raisons qui sont exposées depuis le début dans ce chapitre de traductions des textes de Mike
Brown, l'astronome à l'origine de ce débat depuis sa découverte d'objets gravitant dans la ceinture de Kuiper, comme Pluton, et plus gros que lui, tel Eris.
Depuis ce moment, face aux remous provoqués par le déclassement de Pluton, Mike Brown
plaide non pour s'en tenir à la définition à 8 planètes adoptée par l'UAI en août 2006, mais pour qu'un vrai débat ait lieu autour de cette redéfinition, basé sur des arguments à teneur
scientifique, et non émotionnelle (esthétique est le terme qu'il emploie généralement pour en parler), comme ce fameux débat de Baltimore le fut.
Vous pouvez lire en anglais le texte que je traduis ici, dans le blog de Mike Brown, en
date du 17 août dernier :
www.mikebrownsplanets.com/2008/08/great-planet-debate-wasnt.html
Pour résumer, rien n'est donc définitivement acquis pour l'instant dans le domaine de la redéfinition de la notion
de planète et la discussion reste grande ouverte à tous les amateurs et à tous les plus grands spécialistes en la matière, c'est ce qu'il convient de tirer des dernières conclusions de l'UAI et
du regard que le "grand" Mike Brown porte sur elles en se faisant encore une fois avec pertinence l'avocat du diable.
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La semaine dernière à Baltimore, à la conclusion de la conférence sur les planètes et
leur définition, deux astronomes ont fait volte face sur ce qu’il est convenu d’appeler le « Grand Débat sur la Notion de Planète ». Je n’ai pas pu assister à cette conférence, et j’ai donc
raté ce « débat », mais cependant, grâce à un compte-rendu paru dans la presse et transmis par un des participants, je peux déjà désigner un gagnant par défaut.
Comme je l’ai déjà expliqué il y a quelques semaines dans ces pages, la classification
est une science importante qui n’est pas vraiment sujette à débat. En conséquence, tout le monde arrive à se mettre d’accord sur le nombre d’objets dynamiquement dominants dans le système
solaire. Tout le monde est capable de reconnaître ceux qui sont ronds ou pas, ceux qui sont composés de roches, de gaz ou de glace … Il n’y a pas matière à débat sur ces points, puisque ce sont
seulement des faits. Donc, si débat il doit y avoir, il ne peut donc porter que sur ceci : lequel des différents systèmes de classification majeurs faut-il utiliser pour pouvoir utiliser le mot
magique « planète » afin d’en décrire scientifiquement ses membres ?
Mais … selon ce fameux compte-rendu que j’ai lu dans la presse, l’astronome qui
argumentait contre la définition actuelle à 8 planètes, veut que l’on utilise maintenant une définition selon laquelle tout objet rond du système solaire est une planète, et qu’en fonction de
ça, il devrait y avoir 13 planètes.
Je dis STOP !
Du jour au lendemain, tout ce qui est rond pourrait être une planète ? et on pourrait
aussi débattre de choses qui ne sont pas matière à débat par essence ? Ce qui donne pour résultat que les « planètes » seraient maintenant celles que l’on connaît et qui vont de Mercure à
Pluton, auxquelles on ajouterait le plus gros astéroïde Cérès, le « compagnon » de Pluton, Charon, et mes deux dernières découvertes : Eris et Makemake. Ce qui fait 13.
Sans prendre en compte les opinions personnelles sur la question, ou se soucier de
savoir si cette cette définition convient objectivement au mot planète ou pas, de toutes façons, le problème est qu'utiliser cette approche, c’est pratiquer de la science de mauvaise
qualité.
Alors, faisons le point : combien y-a-t’il d’objets ronds dans le système solaire
?
Nous n’avons pas encore la réponse à cette question, premièrement parce que la plupart
des objets de la ceinture de Kuiper sont tellement éloignés qu’on ne peut pas voir exactement leur forme. On sait effectivement que Pluton et Charon sont ronds, donc ils entrent dans la
catégorie des objets ronds. Mais pour l'instant, on présume seulement qu’Eris est rond parce qu’il est plus massif que Pluton. Quant à Makemake, il a été mesuré à peu près, mais n’a pas encore
de masse connue, - parce qu’il n’a pas de Lune (et que c’est essentiellement grâce aux Lunes des objets célestes que l’on peut mesurer leur masse) -, mais il est grand, donc probablement massif
ausssi et probablement rond.
Donc, qu’en est-il des autres objets de la ceinture de Kuiper ? On ne peut pas les voir
assez bien pour déterminer s’ils sont ronds ou pas, mais on peut « estimer » la taille qu’un objet doit avoir avant de pouvoir acquérir une forme ronde et par là-même, savoir combien d’objets
de la ceinture de Kuiper sont à peu près ronds. Dans la ceinture d’astéroïdes il y a Cérès, dont on peut établir qu’il a à peu près 900 kms de diamètre, ce qui est une bonne limite basse de
taille pour des objets rocheux comme les astéroïdes. La glace, par contre, n’est pas aussi dure que le roc, donc elle supporte beaucoup moins bien la force de gravité, en conséquence de quoi
elle dispose de beaucoup moins de force pour devenir ronde. Pour estimer la taille que doit avoir un objet de glace pour devenir rond, il faut regarder les satellites de glace des planètes
géantes. Le plus petit corps de glace dans ce domaine, c’est Mimas, le satellite de Saturne, qui a un diamètre d’à peu près 400 kms. Ceux de 200 kms n’arrivent jamais à être ronds. Donc c’est
quelque part entre 200 et 400 kms qu’un tel objet peut devenir rond. Des objets faits de beaucoup de glace deviennent ronds à de petites tailles et certains, contenant peu de roc, peuvent être
plus grands. En tout cas, on peut honnêtement poser 400 kms comme limite basse raisonnable et arriver à la conclusion que tout objet plus grand que 400 kms de diamètre gravitant dans la
ceinture de Kuiper est sans doute rond.
Nous y voilà : combien d’objets plus grands que 400 kms de diamètre se trouvent-ils dans
la ceinture de Kuiper ? Il est impossible de répondre à cette question précisément, parce que nous ne connaissons pas la taille de plus de quelques-uns de ces objets pour l’instant, mais on
peut quand même faire une évaluation raisonnable en se basant sur le fait que les petits objets typiques de la ceintre de Kuiper reflètent 10% de la lumière du soleil qui frappe leur surface.
Ainsi, on connaît la luminosité d’un objet de 400 kms de large, donc on peut utiliser cette donnée pour les mesurer. Ce qui fait qu’a priori, il y aurait 60 objets de cette taille - ou plus
larges - dans la ceinture de Kuiper (dont Pluton, Eris et Makemake), et un (Sedna) dans la région située au-delà de la ceinture de Kuiper.
Et ce n’est pas tout. Notre meilleure estimation nous porte à penser que l’exploration
complète de cette région du système solaire doublerait ce chiffre. Pour l’instant, le nombre d’objets ronds du système solaire est de 70 – avec les « planètes » - mais ce nombre augmentera
énormément quand l’observation de la ceinture de Kuiper sera terminée. Et puis, au-delà de la ceinture de Kuiper il peut y avoir encore plus de planètes naines que dedans, nous estimons donc pour l’instant leur nombre à 2000 objets ronds dans le
secteur où gravite Sedna.
Alors compte tenu de tous ces éléments, la victoire du « grand débat sur la définition
de la notion de planète » va raisonnablement par défaut au camp qui en compte seulement 8. Qu’on aprécie ou non l’esthétique du camp à 8 planètes, on est obligatoirement contraint à
disqualifier le camp « tout ce qui est rond est une planète » parce qu’il dénature complètement ses propres schémas de classification scientifiques. Je ne dis pas bien sûr – et j’insiste sur ce
point – que le système de classification à 8 planètes est meilleur que celui qui aboutit à en compter 70 et sans doute beaucoup plus dans l’avenir. Tout ce que je dis c’est qu’il est
impossible de discuter du bien fondé de la définition à 8 planètes, tant que la définition à 13 est basée sur une classification scientifique erronnée.
Comment cette erreur fondamentale a pu être commise ? Si on croit à l’importance
primordiale des objets ronds, on se doit pour le moins de faire l’effort de comprendre comment et pourquoi ce qui est rond l’est, ou ne l’est pas. En fait, j’ai comme l’impression – et certains
pourraient me traiter de paranoïaque en la matière ! – que tout cela a été fait exprès. Il est évident que l’astronome qui défend la définition « tout ce qui est rond est une planète » sait
parfaitement qu’il y a bien plus que 13 objets ronds dans le système solaire. Alors pourquoi prétend-il que ce n’est pas le cas ? Je suspecte que c’est parce que tout simplement, un chiffre
comme 13 passe beaucoup mieux qu’un chiffre comme 70, que personne ne pourrait avaler. Parce que de vilains astronomes un peu « cheaps » ont été très méchants avec les 4 objets exclus dans la
définition à 8 planètes ! Et puis, plaider pour 70 planètes, c’est se positionner en extrémiste, et ce n’est pas immaginable …
Au bout du compte, si on s’en donne vraiment la peine, il y a aussi de très bons
arguments esthétiques pour défendre une définition à 70 planètes, alors pourquoi pas ? Il suffit juste de s’en donner la peine … Il faudrait l’avoir vraiment ce débat, ce serait intéressant …
mais il n’a toujours pas eu lieu … En tout cas, il faut arrêter de pratiquer une science de mauvaise qualité, et surtout de le faire exprès.
Publié le 07/04/2005 à 13h51 dans M.Brown et redéfinition de la notion de planète
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