<![CDATA[Rudhyar-Ipseite : Dane Rudhyar, traductions, ipséité, humanisme, transpersonnel]]> http://www.rudhyar-ipseite.com/ Hommage à Dane Rudhyar, philosophe, musicien, peintre, poète, écrivain et astrologue : traductions de textes qui lui rendent hommage et réflexions personnelles en astrologie humaniste et transpersonnelle. fr over-blog.com RSS 2.0 Generator <![CDATA[L'actualité du ciel]]> http://www.rudhyar-ipseite.com/article-826416.html Samedi 2 août 2008


Les images de l'éclipse totale de Soleil d'hier commencent à être mises en ligne. En voici deux, photographiées par le Dr Arthur Lee qui se trouvait aux confins du désert de Gobi en Chine du Nord, en compagnie de l'équipe de télévision qui retransmettait le phénomène en direct sur le web (le lien vers ce site se trouve dans l'article ci-dessous - et en cliquant sur "replay", il est possible de visionner à nouveau cette émission passionnante qui dure une heure et dont le seul défaut pour les francophones est qu'elle est en anglais !).





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Vendredi 1er août 2008


Aujourd'hui, éclipse totale de Soleil, visible sur un arc allant du Nord Canada à l'Arctique, en passant ensuite par la Sibérie et se terminant sur le nord de la Chine. Les astrologues y voient bien sûr tout un symbole à une semaine de l'ouverture des JO de Pékin. Quant aux scientifiques, ils nous rappellent par l'entremise du site de la Nasa, que c'est grâce à une "coïncidence" que le diamètre de 3476 kms de la Lune, sa distance de la Terre de 400.000 kms et le fait que le Soleil soit 400 fois plus grosse qu'elle, créent les conditions idéales pour les éclipses totales.

Pour suivre l'éclipse totale en direct sur le web ce matin (entre 9h41 et 11h41 TU (ce qui donne 11h41 à 13h41 en France) - totale à 10h21 TU (12h21) au moment de son passage sur la Sibérie) c'est ici :
www.exploratorium.edu/eclipse/
Une fois la page ouverte, cliquer dans la colonne de droite sur "Total solar eclipse : live from China webcast".

Et voici l'image du jour de la Nasa montrant qu'il est si simple de mesurer la Lune ;-)




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Lundi 28 juillet 2008


Le 13 juillet, l'Union Astronomique Internationale a attribué le nom de Makemake (prononcer MaH-kehMaH-keh) au nouveau membre de la famille des planètes naines - précédemment connu sous l'appellation 2005FY9 - qui en compte quatre maintenant. Makemake est le dieu polynésien (RapaNui) de la création de l'humanité et de la fertilité.

Makemake est un des plus grands objets connus du système solaire extérieur, il est à peine plus petit et moins brillant que Pluton, son homologue plutoïde. De couleur rouge, il est recouvert de méthane gelé. Comme les autres plutoïdes, il est situé dans la région au-delà de Neptune, c'est donc un objet trans-neptunien.

Il a été découvert par l'équipe de l'Institut Californien de technologie (Caltech) dirigée par le Dr Mike Brown, dont les membres le nommaient entre eux jusque-là Easterbunny, parce qu'ils l'avaient découvert le jour de Pâques. (pour plus de détails sur le choix de Makemake par Mike Brown, se reporter au chapitre "Mike Brown et la redéfinition de la notion de planète" dans le sommaire de la colonne de gauche, où j'ai entré page 10, la traduction du texte qu'il a mis en ligne dans son blog et qui explique la façon dont il choisit les noms des objets qu'il découvre régulièrement dans la ceinture de Kuiper : Sedna, Eris, Quaoar, etc).


Crédit de l'image : UAI
   
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Jeudi 24 juillet 2008


Juste pour le plaisir esthétique : cette très belle image de Rhéa - la lune de Saturne - occultée par le Soleil en arrière d'elle. La ligne verticale correspond aux anneaux de Saturne occultés eux aussi par la lumière du Soleil. La photo de la sonde Cassini a été prise sous un tel angle, qu'ils apparaissent à la verticale. Elle a été publiée par la Nasa le 20 juillet dernier.



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Samedi 21 juin 2008


Aujourd'hui, c'est la fête de la lumière, célébrée partout dans l'émisphère Nord comme étant le début de l'été. Il y a deux jours, la Pleine Lune la plus proche du solstice avait lieu pratiquement sur le plan de l'écliptique, et elle n'en est jamais aussi proche au cours de l'année. L'image du jour de la Nasa en a donné hier (le jour exact du Solstice d'été) l'image au moment où elle se levait, ronde et blonde, dans la proximité du Temple de Poséidon, en Grèce, qui y a été érigé il y a exactement 2400 ans ... double symbolique arythmétique, puisque 2 x 1200 rappelle les 12 signes du Zodiaque, donc les 12 constellations qui se dessinent sur le plan de l'écliptique.




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Dimanche 11 mai 2008


Le ciel étant toujours très obscurci sur le Tibet, je vous propose aussi aujourd'hui un lien vers le blog de Maître Po, qui rend compte de la manifestation de soutien qui a eu lieu hier à Paris, en quelques très belles images - dont celle du Dalaï Lama et du drapeau tibétain ci-dessous - et un lien vers une pétition lancée par la communauté tibétaine française, pour le respect des droits de l'homme en Chine et l'ouverture d'un dialogue entre le gouvernement chinois et le Dalaï Lama.

www.maitrepo.com/article-19455683.html

Crédit de la photo : Maître Po

           
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Dimanche 11 mai 2008


Même si le dernier cycle de rétrogradation de Mars n'est plus d'actualité (il a eu lieu de mi-novembre 2007 à fin janvier) je trouve techniquement intéressante l'image que la NASA en donne aujourd'hui, d'autant qu'elle le place sur fond de constellations et que l'on peut donc ainsi visionner très exactement les lieux du ciel qu'il a transité et marqué.

Pour les amateurs d'astrologie qui souhaitent visualiser l'image en plus grand sur le site de l'image du jour de la Nasa, il vous suffit de cliquer sur ce lien : antwrp.gsfc.nasa.gov/apod/ap080511.html



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Vendredi 7 mars 2008   Petit à petit, la couronne de 17 P Holmes disparaît. La comète avait explosé aux alentours de fin octobre 2007, alors qu'elle venait de franchir l'orbite de Mars au large de laquelle elle transite toujours. La couronne est restée visible pendant des mois et cette photo prise le 4 mars dernier la montre toute parée de mauve, car elle a été prise aux infrarouges, étant donné qu'il devient difficile de la voir à l'oeil nu puisqu'elle s'est dispersée sur une surface de 20 secondes-lumière. Elle se trouve sur cette image au-dessus de la nébuleuse NGC 1499 et l'étoile qui brille juste en dessous, c'est Persée. 


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Vendredi 22 février 2008

A la grande déception des eclipse-chasers locaux, l'éclipse totale de Lune de la nuit dernière n'a pas été visible du territoire français à cause d'une couverture nuageuse trop épaisse. Mais d'autres, en d'autres territoires, ont eu plus de chance :

Et ils nous font le cadeau de ce spectacle remarquable combinant la lumière rousse de la Lune dans l'ombre de l'éclipse presque totale, accompagnée à gauche de Saturne et au dessus de l'étoile de type Alpha, Régulus, dans la constellation du Lion.

Il se trouve aussi une galerie de très belles images de cette éclipse : ici.   -----------------------------------------------

Lundi 18 février 2008 - 1. : découverte

Ca devait bien finir par arriver : à force d'observer le ciel en utilisant toutes les techniques possibles et en cherchant, puis trouvant les plus performantes ... les astronomes ont fini par élaborer celle qui permet de repérer sans doute possible les systèmes solaires identiques au nôtre qui composent (ne serait-ce que) notre galaxie, la Voie Lactée.

Jusqu'ici on se disait juste : bon, il doit bien y avoir des planètes identiques à la Terre par-ci, par-là, mais ce serait un immense hasard si jamais il y en avait beaucoup de ces planètes qui pourraient avoir élaboré la vie, une vie comme la nôtre ... des planètes qui seraient à la bonne distance par rapport au soleil, qui auraient une atmosphère, de l'eau, etc ... Mais voilà ! avec la technique de la lentille gravitationnelle faible, on peut maintenant repérer à très grande distance les planètes des systèmes solaires qui composent les galaxies, lorsqu'elles orbitent devant leurs soleils en occultant la lumière que ceux-ci émettent.

Conclusion : des exoplanètes identiques à la Terre, on en repère et on en repèrera de plus en plus dans les temps à venir et cette découverte rend d'ores et déjà la Terre une planète assez banale, de même que la vie et tout ce qui va avec ...

Ci-dessous : une image d'artiste figurant le système solaire BLG-109, découvert tout récemment grâce au microlensing gravitationnel, dans la Voie Lactée. Le point d'interrogation figure dans ce système la planète qui pourrait être identique à la Terre.


Cette découverte a aussi inspiré l'image suivante aux artistes de la Nasa, représentant tout un chapelet des "terres" possibles, disséminées dans la galaxie :



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Samedi 2 février 2008

Messenger autour de Mercure, toujours, et une très belle animation -  à voir ici - représentant la sonde Messenger traversant la magnétosphère de Mercure.


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Mardi 29 janvier 2008

LA FACE CACHEE DE MERCURE

Il y a quinze jours, la sonde Messenger fut la première à voir la face "cachée" de Mercure, celle que Mariner, il y a 35 ans, n'avait pas pu photographier. C'est donc une image historique que l'équipe de Messenger a donné à voir, et dont voici une partie, centrée sur un petit cratère avec des rayons autour. Ces rayons se forment sur la surface quand un astéroïde vient s'écraser sur le sol de corps célestes sans air, comme Mercure ou la Lune. Au cours du temps, ces rayons finissent par disparaître, à mesure que les petites particules dont ils sont formés sont balayées par les vents solaires. Ce qui veut dire que ceux que l'on peut voir sur cette image sont relativement récents.


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Lundi 21 janvier 2008

La sonde Messenger a déjà envoyé plus de 1200 clichés de la planète Mercure depuis qu'elle s'en est approchée à une distance de 200 kms, ces jours derniers. Ceux qui intéressent plus particulièrement la Nasa, sont ceux de la partie que la sonde Mariner n'a pas pu photographier il y a 35 ans ...

En voici une, que les spécialistes appellent déjà le "cratère téléphone" à cause de la forme de combiné téléphonique que l'on voit se dessiner - ici au centre de l'image. Situé dans son émisphère sud, ce cratère est justement sur la fameuse partie de la planète qui n'avait encore jamais été photographiée. Et la forme de combiné téléphonique indique que Mercure a été le lieu d'éruptions volcaniques.


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Mercredi 16 janvier 2008

Il y a un peu plus de deux ans, la Nasa a lancé la mission Messenger en direction de Mercure et le vaisseau commence à envoyer ses premières images de la planète la plus proche du Soleil. Le dernier vaisseau à s'être approché de Mercure était Mariner 10, c'était il y a 35 ans, et il n'a pas pu photographier toute sa surface ce qui fait que bien des questions ont été soulevées sur cette planète. La mission Messenger a donc été lancée pour répondre à ces questions. Dans les années à venir, elle passera à nouveau deux fois près de Mercure, pour finalement se mettre en orbite autour en 2011.

L'image ci-dessous a été prise il y a deux jours, la Nasa en attend beaucoup d'autres dans les jours à venir, elles seront mises en ligne au fur et à mesure sur le site de Messenger . Les données récoltées par Messenger permettront de comprendre comment cette planète s'est formée et pourquoi elle est si dense.



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Sat, 16 Jul 2005 00:00:00 +0200 http://www.rudhyar-ipseite.com/article-826416.html
<![CDATA[L'homme semence]]> http://www.rudhyar-ipseite.com/article-588378.html Dans les derniers moments de sa vie, Dane Rudhyar, au cours d'une conférence au R.I.T.A. (le Rudhyar Institute for Transpersonal Astrology qu'il avait fondé) a évoqué le futur de l'humanité. Un futur "global". Depuis longtemps, il avait eu l'intuition que la globalisation était inévitable certes, mais surtout nécessaire, à cause de tout un tas de raisons, dont l'accélération des communications, la possibilité de faire le tour du monde en quelques heures, grâce à l'évolution des transports, les migrations de population aussi, et aussi bien sûr parce que si nous souhaitons - entre autres - entreprendre des actions pour préserver notre écosystème, et rendre hommage à la Terre Mère, il allait falloir nous y mettre tous ensemble.

Bien que connaissant parfaitement les dérives possibles de la globalisation en termes économiques, politiques et sociaux - prise de pouvoir par certains peuples au détriment d'autres appellés à disparaître ou à se fondre dans la masse - et en termes culturels ou religieux, etc ... à cause de cela justement, Rudhyar a toujours plaidé pour l'individuel, le respect des peuples et des cultures, parce qu'il voyait toutes ces parties qui composent notre monde comme des particules conscientes et agissantes, reliées à toutes les autres particules du grand Tout, permettant à chacune d'entre elles de s'enrichir mutuellement et d'agir ensemble.

Dans cette conférence, Rudhyar transmet à ses auditeurs son héritage philosophique, dont le principal est le concept d'homme semence.

Ce texte se trouve en ligne dans un site d'astrologie hollandais en introduction d'un merveilleux "Rudhyar Tribute", à cette adresse :
http://www.astrologie.ws/rudh01.htm


I feel we are at the threshold of a new age and that we need now, more than anything else, a new approch to human relationships and to social organisation. We need a planetary approch, wee need a synthetic approch. We need something in which the individual learns his own function in the world, because if we are to have a global world, the individual learns his own fucntion in the world, because if your are to have a global world, the individual has to be established in his own identity that can afford to cooperate with other people all over the world, independant of their culture, their race, their tradition and so on.

Je sens que nous sommes au seuil d'un nouvel âge, et que ce dont nous avons besoin maintenant, bien plus que de quoique ce soit d'autre, c'est d'une nouvelle approche des relations humaines et de l'organisation sociale. Nous avons besoin d'une approche planétaire, il nous faut une approche synthétique. Nous avons besoin de quelque chose qui permette à l'individu de comprendre quelle est sa fonction propre dans le monde, parce que si nous devons vivre dans un monde globalisé, il faut alors que chaque individu se soit construit une identité solide qui lui donne les moyens de coopérer avec tous les hommes de par le monde, indépendamment de leur culture, de leur race, de leurs traditions, etc ...


It is very important therefore, that one should learn how to establish oneself in one's own identity. We need a new type of human being. We need something which is based no longer so much on conflict, but on a full acceptance of the total human being, body, mind, soul, feelings, everything. An esthetic approach versus an ethical approach, so that you can see the relationship in which everything stands inside the whole, so you can look at the whole and become identified with the "wholeness" of that whole, rather than with any particular part.

Pour ce faire, il est donc très important que chacun apprenne comment il peut s'établir solidement dans son identité propre. Nous avons besoin d'un nouveau type d'êtres humains. Nous avons besoin de quelque chose qui ne soit plus autant basé sur la notion de conflit, mais plutôt sur l'acceptation pleine et entière de la totalité de l'être humain, corps, esprit, âme, sentiments, tout. Une approche esthétique en contrepartie d'une approche éthique, de façon à être capable de voir comment tout est en relation à l'intérieur du tout, voir ce qu'est le tout, et s'identifier avec la "totalité" de ce tout, plutôt qu'avec une quelconque de ses parties.


Now this is, of course, a very difficult situation. We are certainly in a difficult time and what is ahead of us today, I dont know. I am rather pessimistic as far as the immediate future is concernad, considering the way the world is moving at the present time. But you must realize that crises are sometimes necessary to accomplish what is to be accomplished. The only problem, however, is this : something must be ready before the great crisis comes - when the new cycle begins - for it will have to begin on the foundation of thoses seeds which have been sown before the crisis. If you have a winter followed by a spring, but there was no harvest in the fall, no seed will germinate during the spring and you will have to start at the very beginning, into the most primitive time of manifestation.

Actuellement, bien sûr, nous sommes dans une situation assez difficile. Nous vivons des temps difficiles et ce qui est devant nous, je ne le sais pas vraiment. Je suis plutôt pessimiste en ce qui concerne le futur immédiat, quand je vois la façon dont le monde avance à l'heure actuelle. Mais il faut bien réaliser que les crises sont parfois nécessaires pour accomplir ce qui doit l'être. Le seul problème toutefois est le suivant : il faut s'être préparé avant que la grande crise arrive - quand un nouveau cycle commence - pour pouvoir partir sur la base des semences qui ont été semées avant la crise. Si à un hiver succède un printemps, mais qu'il n'y a pas eu de récolte, aucune semence ne germera au printemps, et il faudra tout reprendre au début, à l'époque des manifestations les plus primitives.


This is why I have stressed so much all my life the idea I call: the "seed man". The man who is willing and able to gather whithin himself, as it were, the past of humanity and particularly of our wester world of course, but also other cultures, becaus what we want to emerge from the future - after whatever crisis will come - is a global world.

C'est pourquoi j'ai insisté tout au cours de ma vie sur l'idée que j'appelle "homme semence". C'est l'homme qui veut et peut réunir en lui, tel quel, le passé de l'humanité et particulièrement celui du monde occidental, ainsi que celui des autres cultures, parce que ce que nous désirons voir émerger du futur - quelque soit le genre de crise qui advienne - c'est un monde global.


We therefore need men of great vision, men who are not specialists (generalists as they are sometimes called today), men who have the vision and courage to wait and to, in someway, through their lives, through their example and through whatever they leave after their death, become the seeds of the future world. That is of course the great choice we all have to make and we all can make it. We can follow the masse vibration and decay, like all the leaves of the world in the fall (however beautiful the golden leavex may be), they will have to decay and become mature for the future of the civilization. But it is only the "seedmen" that really count, and it is those you should look for if you yourself, do not feel yet to the point of being ready to become a "seed person", because it is that only which is the insurance of the future rebirth of the humanity.

Pour ce faire, il faut donc des hommes qui aient une grande vision, des hommes qui ne soient pas des spécialistes (des généralistes comme on les appelle parfois maintenant) des hommes qui aient une vision et le courage d'attendre et qui d'une certaine façon, par leur vie et leur exemple, par tout ce qu'ils laisseront derrière eux en partage après leur mort, deviendront les semences du monde futur. C'est bien sûr le grand choix qu'il nous est proposé à tous de faire, et nous en sommes tous capables. Nous pouvons nous laisser aller à la vibration de masse et au déclin (pourrissement), comme toutes les feuilles du monde lorsqu'elles tombent à l'automne (aussi belles que ces feuilles dorées puissent être) mais elles devront pourrir de toutes façons, et devenir le terreau du futur de la civilisation ; mais il n'y a que l' "homme semence" qui compte vraiment, et c'est celui-là vers lequel il faut aller, qu'il faut rechercher, si vous-même ne vous sentez pas encore au point pour en devenir un, car c'est la "personne semence" qui seule peut assurer la future renaissance de l'humanité.


I think today it is of no use to try to look to the immediate future, because it looks very dark ; but it is to look - to prepare - for the possibility that a new world may arise, if not tomorrow, the day afert tomorrow. I think it is the only thing which vies value to all our sacrifice, all our courage, decisions ans choices today : it is to become seeds for the development of the future world.

Je crois qu'aujourd'hui il est inutile d'essayer de se pencher sur le futur immédiat, parce qu'il est très sombre ; mais il faut regarder - pour s'y préparer - la possibilité qu'un monde nouveau puisse avenir, si ce n'est demain, en tout cas après-demain. Je crois que c'est la seule chose qui puisse donner de la valeur à tous nos sacrifices, à notre courage, à nos décisions et à nos choix d'aujourd'hui : devenir des semences pour le développement du monde futur.


So I hope every one of you, each one in his own life, in his own way, can some day soon, very soon - if you have not done it already - make the choice and become "seed men" and "seed women".
I thank you.

J'espère que chacun d'entre vous, dans sa propre vie, et à sa propre façon, peut un jour prochain, très bientôt - si vous ne l'avez pas encore fait - faire ce choix et devenir "homme semence" et "femme semence".

Je vous remercie.

Dane Rudhyar ]]>
Fri, 15 Jul 2005 00:00:00 +0200 http://www.rudhyar-ipseite.com/article-588378.html
<![CDATA[Poésie]]> http://www.rudhyar-ipseite.com/article-590946.html
Rochers

J'ai parcouru cités, jardins et oasis.
J'ai souffert naissances, luttes et passions.
J'ai vibré au rythme des orages.
J'ai projeté ma vie : entrailles ouvertes.
J'ai chanté et pleuré, rêvé et combattu.
Tous mes nerfs sont couverts de cicatrices et de bénédictions.

Je fais maintenant face au désert et aux rochers.
Brûlants de soleil. Enfiévrés de lumière.
Nus et solennels, grouillant de la mort à sonnettes.
Dominants, mais sans mépris.
Bien que leur paix torturée n'émette aucun son,
ils parlent amour, intensité poignante.
Oh, les mots qu'ils profèrent,
ils brûlent, ils creusent, ils apaisent.
Il sont ouverts comme des yeux
clos comme des tombes,
embaumés de chaleur,
ternes et mornes,
et mon coeur s'alanguit
devant la grandeur de leurs silences.

Prenez-moi, rochers sans amour, dans votre sépulcre
qui vit, déferlant d'une passion plus grande
que toute la luxuriance des oasis.

Prenez-moi, moi qui suis devenu votre pair en nudité,
moi que la vie a assomé dans une mort extatique.
Oh ! prenez-moi, moi qui ne suis qu'un mortel
et voudrais tant partager votre éternité sans âge !

J'ai parcouru cités, jardins et horizons.
J'ai souffert naissances, amours et fin de l'amour.
Laissez-moi reposer en vous, dans la paix de la pierre,
pour que je puisse aussi rêver sans fin,
froid la nuit, brûlant le jour,
des rêves forts et anciens,
fondements de nouvelles terres.
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Thu, 14 Jul 2005 00:00:00 +0200 http://www.rudhyar-ipseite.com/article-590946.html
<![CDATA[Plénitude d'être]]> http://www.rudhyar-ipseite.com/article-630444.html
Je me suis donc mise aux traductions avec la plus grande joie, et pour commencer ces retranscriptions, voici un petit texte de Rudhyar qui se trouve au tout début du "Rudhyar Tribute" en guise d'introduction :

"Plenitude of being,
"Plénitude d'être,
  the infinite and boundless Potentiality of existence
la Potentialité infinie et sans bornes de l'existence
  and the Presence of ONE are latent in every man
ainsi que la Présence de l'UN, sont latentes en chaque homme
  and every individual can become an agent for the Divine Power
et tout individu peut devenir un agent de la Divine Puissance
  which vibrates at the core of the Earth
qui vibre dans le noyau de la Terre
  and in the heart of every human being."
et dans le coeur de tout être humain."]]>
Wed, 13 Jul 2005 00:00:00 +0200 http://www.rudhyar-ipseite.com/article-630444.html
<![CDATA[Rudhyar tribute - contribution de Joyce Hoen]]> http://www.rudhyar-ipseite.com/article-648411.html Cet hommage est à l'initiative de Tees Reitsma, astrologue hollandaise elle aussi, qui est partie l'année dernière, et qui manque beaucoup à Joce Hoen ... laquelle m'a donné les autorisations de traduction de cet hommage car Tees Reitma souhaitait qu'il soit diffusé dans le monde entier.
J'ai donc le plus grand plaisir à participer à cette diffusion pour la France.

RUDHYAR ET LA SIGNIFICATION DE SON ASTROLOGIE

Un visionnaire inspiré, de même qu'un artiste inspiré, peut être perçu de milliers de façons par son auditoire. Il arrive aussi que le créateur d'une oeuvre d'art en reçoive un retour qui l'étonne, car un sens a été donné à son travail qu'il n'avait pas du tout l'intention d'y mettre. Ce qui d'ailleurs, ressemble d'assez près à ce qu'un astrologue peut recevoir comme retour après l'analyse d'un thème. En tant que récipiendaires de l'héritage de Rudhyar, ce que nous recevons de son oeuvre est en grande partie - si ce n'est complètement - subjectif, même si au niveau le plus profond de tout un chacun, la subjectivité cohabite à part égale avec l'objectivité. Et puis il y a aussi que Rudhyar savait parfaitement que ce qu'il pensait transmettre à ses lecteurs était rarement entendu pour ce qu'il avait pensé.

Dans "Triptyque Astrologique", il signale dans son prologue (ndlt : dans la version américaine uniquement) avoir reçu énormément de lettres de félicitations, riches de commentaires enthousiastes, écrites pour la plupart par des gens assez jeunes. "Néanmoins", continue-t-il, "je me suis demandé jusqu'où mes lecteurs si enthousiastes et manifestement remués par la lecture de mes livres, avaient été dans la compréhension de ce que je tente de formuler. Je me suis demandé s'ils ne réagissaient pas plutôt au style de présentation inspiré que j'emploie pour écrire mes livres, ce qui voudrait dire que j'aurais échoué à les accrocher sur le sujet de mes livres, et donc à répondre à leur besoin et à leur potientiel de transformation immenses, dans leur vie quotidienne, ainsi qu'à la qualité de leurs expériences individuelles et de leurs relations interpersonnelles. Ceci est bien sûr le danger que court toute présentation symbolique et poétique d'une pensée et d'images lourdes de significations pour qui est sur la voie de la transformation. C'est surtout ce genre de présentation qui éveille une grande chaleur de sentiments, qui d'une certaine façon ouvre des fenêtres psychiques pour permettre de respirer un air spirituel. Un air qu'il fait bon respirer."

Ce qui est particulièrement intéressant pour les lecteurs de cet hommage à Rudhyar écrit à l'occasion de son centenaire, et de ma contribution en particulier, c'est qu'elle est écrite par quelqu'un qui a longuement étudié et pratiqué l'astrologie européenne : l'anglaise, la hollandaise, l'allemande, sans jamais avoir été influencé par l'astrologie de Dane Rudhyar, et qui donc à cause de cela, peut ressentir la différence fondamentale d'approche entre les astrologues américains qui apportent leur contribution à cet hommage, et celle des astrologues nord européens. Il y a un monde de différences, ou en tout cas aujourd'hui, on peut dire qu'il y avait un monde de différences entre ces deux approches, et il est vrai que depuis que j'ai appris à me familiariser un peu plus avec la forme de pensée de Dane Rydhyar relative aux cycles, j'ai compris à quel point il avait influencé le monde astrologique américain, et si peu le monde astrologique européen qui a encore du mal et certaines réticences, à se familiariser avec son approche.

Cependant, une des différences les plus marquées entre l'approche européenne (mettons telle qu'elle a évolué depuis 1988) plus classique, plus structurée (mécanique) et l'approche cyclique et holistique - qui peut d'ailleurs aussi parfois aller jusqu'à se permettre d'utiliser le mot holisme en le réduisant à ce seul terme et donc en le vidant de son sens, ce qui donne une approche pratiquement déstructurée de la part de certains astrologues en Amérique ... tout le monde a ses dérives de chaque côté de l'Atlantique - cette différence est donc la façon dont chacun réagit au travail de Rudhyar. En Hollande, par exemple, il est assez rare de trouver des réactions positives à Rudhyar, qui seraient spontanément inspirées par une vraie chaleur de sentiment. C'est certainement une des grandes qualités des américains que d'être naturellement ouverts à tout ce qui est de l'ordre du sentiment et du sensible. En Hollande pratiquement personne ne comprend l'oeuvre de Rudhyar, les gens se plaignent d'une difficulté qu'ils auraient à le lire, et je crains que notre nation soit en général trop honnête pour ne pas dire ce qu'elle en pense.

Néanmoins, le résultat net de ces deux types de réactions est finalement identique. Les réactions positives issues d'une attitude ouverte envers le niveau sensible d'une part, et les réactions négatives issus d'une attitude fermée envers tout ce qui peut être sensible ou de l'ordre du sentiment, montrent toutes deux un manque complet d'appréciation envers la nature réelle de l'oeuvre de Rudhyar. Ceci étant dit, et bien que mon approche de Rudhyar soit un peu hors des sentiers battus et surtout trop subjective, je vous la livre.

Aux premières heures du 6 août 1988, j'étais dans un état d'esprit particulier, certainement à cause d'un été très humide et très chaud qui influençait tout le monde, et j'ai ouvert un livre de Rudhyar qui venait de m'être envoyé par un ami "Astrological insights into the spiritual life". J'ai ouvert le livre au hasard, quelque part au milieu, j'ai lu une phrase, et par la grâce de Dieu, j'ai compris tout à coup tout le contenu de l'oeuvre de Rudhyar. En une seconde, j'ai compris tous ses livres, que d'ailleurs je n'avais jamais lus et que je ne lirai pas avant quelques années.

"Comprendre" dans l'état d'esprit particulier dans lequel je me trouvais à ce moment-là, est bien sûr complètement différent d'une approche rationnelle et d'une analyse phrase par phrase, puis d'une application immédiate dans la pratique quotidienne d'une vie, pour arriver ensuite à une conclusion. Comprendre l'oeuvre de Rudhyar de la façon dont ça m'est arrivé - comme elle m'a traversée pour être plus précise - fut une expérience spirituelle en soi. Cependant, ce moment de compréhension m'a fait pénétrer dans les profondeurs de la nature de l'astrologie, et m'a donné une perspicacité en la matière qui me manquait complètement jusque-là. J'avais déjà entendu dire de la part d'astrologues qui se référaient à Rudhyar, qu'il était une des rares personnes qui avaient vraiment compris l'astrologie. Et aujourd'hui, au niveau où j'en suis de mon propre développement, je me rends compte que je regrette d'avoir à dire que je suis maintenant d'accord avec eux et de ne pas les avoir entendus plus tôt. Il est devenu évident pour moi que le but de Rudhyar n'était pas seulement la reformulation de l'astrologie telle qu'elle était connue à l'époque, mais que cette reformulation servait un but plus élevé. L'importance de son oeuvre repose principalement là où personne ne l'attendait, c'est à dire là où elle "sert" les astrologues qui, sans aide ou sans "guru" ne peuvent traverser un processus d'illumination ou de transformation. Il est vrai que c'est comme ça se passe en Occident depuis des milliers d'années, où les astrologues n'ont longtemps trouvé personne qui puisse jouer ce rôle de guidance éclairée, personne pour leur donner les instructions que pourraient leur donner un guru. Les gurus sont une spécificité de l'Orient et il est vrai que maintenant que nous entrons dans l'Ere du Verseau, leur enseignement devient difficilement appliquable en Occident.

Si, lorsque nous entrons dans un processus de transformation et d'illumination, et qu'il se trouve que nous soyons des astrologues habitués à utiliser les symboles, alors le temps est venu pour nous de rencontrer l'oeuvre de Rudhyar. Je crois que l'oeuvre écrite de Rudhyar est sensée être un guide d'instructions impersonnelles (ou transpersonnelles) pour ceux qui "vont sur le Chemin" sur la route du symbolisme astrologique - un chemin où il est difficile de faire la différence entre illumination et folie, alors qu'elles se rencontrent au point le plus élevé. C'est là qu'une aide sublime est nécessaire, que peu de personnes sont susciptilbes d'apporter, parce qu'aussi, peu de personnes ont conscience d'avoir besoin d'aide (bien que cela évolue un peu depuis la conjonction Uranus-Neptune). Cette aide dont on peut avoir besoin à ce moment-là se trouve dans l'oeuvre de Rudhyar, en tout cas c'est ainsi que je le perçois, puisque je ne crois pas que la vie puisse aller plus loin, avoir plus de valeur, que ce propose Rudhyar dans sa proposition d'une Boddhisattva idéale.

Je crois aussi que c'est pour cette raison précisément, que l'oeuvre de Rudhyar ne sera jamais vraiment complètement comprise par les astrologues, avant qu'ils arrivent personnellement à un point de non retour et qu'ils reconnaissent avoir besoin tout à coup d'une aide, alors qu'ils n'avaient jamais imaginé en avoir besoin. C'est à ce moment-là seulement que son oeuvre se révèle à eux. Evidemment, le fait que seulement peu d'individus au moment du couronnement de leur évolution sur Terre, puissent réellement profiter de la vision de Rudhyar, voudrait dire que peut-être il n'est même pas nécessaire de publier cet hommage à Rudhyar. Alors pour être sûr que les individus qui éprouvent ce besoin puissent avoir accès à l'oeuvre de Rudhyar, le cosmos a certainement fourni les moyens pour qu'elle puisse être publiée en réponse à ce besoin de quelques individus, ce qui fait que la plus belle conséquence en a été que tout le monde astrologique en a été transformé dans le même temps. Ce qui fait que non seulement quelques personnes, mais une majorité d'individus peut profiter de la Lumière qui fut à l'origine d'une seule Source et qui descend en cercles de plus en plus larges d'activité et de conscience, pour atteindre jusqu'au dernier petit reflet à l'intérieur du plus grand cercle d'existence de par le monde.

Le Chemin de l'astrologie est un chemin sacré. Cette voie de réalisation a été en grande partie perdue dans un monde où les statistiques et les perceptions physiques dirigent nos cultures. La conjonction Unranus-Neptune de 1993 a marqué la nécessité de changer cette dictature matérielle en son exact opposé, parce que le cycle de dictature matérielle avait atteint son apogée et pour cette raison, elle devait prendre une orientation nouvelle. C'est ainsi qu'à partir de là, l'astrologie a commencé, lentement mais sûrement, à revenir à son orientation originelle et à tout faire pour retrouver son héritage spirituel.

Bien entendu, cette orientation de l'astrologie n'a pas grand chose à voir avec les pratiques commerciales horoscopiques de conseil, ou à un décodage psychologique qui relatent surtout nos "patterns" de conditionnement. Revenir à l'héritage spirituel de l'astrologie veut dire aller au-delà de l'analyse de nos conditionnements, redécouvrir et réaliser le SOI et la réalité cosmique. Et Rudhyar voyait justement cela advenir au moment de la fin de ce fameux cycle Uranus-Neptune. C'est en comprenant ce que ce fameux cycle impliquait qu'il a transmis sa notion de cycles et donné un nouveau cadre de référence à l'astrologie, en étant complètement conscient que les années de 1988 à 1993 seraient un point tournant à partir duquel une nouvelle forme d'astrologie apparaîtrait.

La conjonction Uranus-Neptune de 1993 est un symbole de l'union transphysique : une union entre la compréhension et l'intuition les plus élevées, et une union entre les deux centres les plus élevés de nos cerveaux, capable de créer la "grande illumination". Si ceci intéresse un quelconque lecteur de cette contribution au Rudhyar Tribute, sachez que Rudhyar a écrit toute son oeuvre astrologique à partir d'une fusion de ces deux centres supérieurs du cerveau, là où Neptune et Uranus sont en perpétuel état de connection, les deux reliés à Saturne fonctionnant dans le même temps à un niveau qui puisse transmuter cette fusion en quelque chose de compréhensible.

Les semences de l'oeuvre de Rudhyar ont été semées et elles ont déjà germé. En tant que mandataires de la planète Terre, c'est notre travail d'astrologues que d'entretenir ces jeunes pousses dans des jardins qui leur conviennent, afin que lorsque la phase Verseau réinitiera un nouveau cycle, la phase Taureau de "jardinage" que la semence appelle puisse se vivre, en attendant que la phase Gémeaux se termine pour entamer une nouvelle phase. Il est possible que ces phases coïncident avec le passage de Pluton dans les signes opposés, parce que l'oeuvre de Rudhyar est essentiellement plutonienne : une transformation des concepts-racine donnant une nouvelle signification à l'astrologie, qui n'a peut-être encore jamais existé dans l'histoire de notre planète.

Joyce Hoen
On peut lire sa contribution en anglais à cette adresse :
http://www.astrologie.ws/rudh01.htm

Prochaine traduction des contributions au Rudhyar Tribute : Michael Meyer]]>
Tue, 12 Jul 2005 00:00:00 +0200 http://www.rudhyar-ipseite.com/article-648411.html
<![CDATA[Rudhyar Tribute - contribution de Michael Meyer]]> http://www.rudhyar-ipseite.com/article-671954.html
Dans son texte, il parle de sa rencontre avec Rudhyar en 1968 qui a complètement transformé sa vie.

RUDHYAR : AMI, EXEMPLE ET SAGE

La première fois que j'ai rencontré Rudhyar, c'était à San Francisco au cours de l'été 1968. A l'époque j'étais complètement immergé dans l'étude de la Théosophie. Et je sentais de façon certaine que quelque part, d'une manière ou d'une autre, il existait encore une poignée d'hommes et de femmes au travers desquels coulait la puissance vivante de la Théosophie ; qu'ils étaient encore actifs dans le monde, vivant de façon exemplaire la Voie de Transformation, qu'ils travaillaient ensemble et qu'ils étaient "chelas" (disciples spirituels) d'êtres de Sagesse et de Compassion semblables à Bouddha, qui un siècle plus tôt, avaient parrainé la mission d' H.P. Blavastky : "changer l'esprit du 20ème siècle".

Je n'avais pas besoin d'être convaincu que la vie et la réalité ne se réduisaient pas aux apparences et qu'il existait autre chose que ce qu'on m'avait enseigné à l'école. Mais je savais aussi que les enseignements de la Théosophie - spécialement ceux formulés au début du 20ème siècle par ceux qui l'ont popularisée - ne comprenaient pas de "Vérité Absolue", mais plutôt qu'ils étaient constitués d'approximations et de descriptions de la réalité sous forme de mots, de symboles et d'images adressés à des hommes et des femmes de l'époque victorienne.

Je me suis rendu compte, au moment où Blavatsky était à la fin de sa vie, qu'un message nouveau, plus inclusif, ainsi qu'une vision à l'échelle mondiale deviendraient nécessaires, et qu'ils seraient conscientisés et formulés pendant le dernier quart du 20ème siècle. Et dans une sorte d'élan de juvénile, j'ai pris conscience qu'il faisait partie de mon destin d'aller en quête de cette source occulte, de m'investir pour aider à sa formulation et de contribuer au nouveau message qui serait porté dans le siècle suivant, le 21è siècle.

Un an ou deux plus tard, j'ai commencé à me brancher avec ce que les quelques représentants des multiples traditions spirituelles (gourous) connus en Occident à l'époque avaient à offrir, et en 1967 j'avais déjà rencontré quelques soit-disant gourous américains et anglais, dont Alan Watts et Timothy Leary. Et puis en 1968, alors que je cherchais toujours quelqu'un qui soit en relation avec la puissance vivante de la Théosophie, la divine Sagesse de l'Esprit universel, je me suis rendu dans bon nombre de centres théosophiques à New York, dans le Midwest américain et en Californie.

Et le point tournant est arrivé quand j'ai vu un nouveau livre à la Société Théosophique de San Francisco : "Le cycle de la Lunaison" de Dane Rudhyar. Bien qu'à l'époque je ne fus que moyennement intéressé par l'astrologie, j'ai acheté le livre sur une impulsion. Et il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre qu'il avançait une nouvelle approche de l'astrologie très substancielle. Mais ce qui m'a le plus impressionné, c'est que ce livre avait des fondements théosophiques. Non que Rudhyar y cite "La doctrine secrète" de Blavastky ou qu'il y attire l'attention du lecteur sur les bases théosophiques de son approche de l'astrologie. D'ailleurs, il ne le faisait absolument pas. Mais personnellement, j'ai compris tout de suite que la description que Rudhyar faisait du cycle de la lunaison - avec ses deux hémicycles involutif et évolutif et ses 8 phases soli-lunaires - prenait racine dans la vision théosophique du monde. En effet, la présentation de Rudhyar des 7 phases soli-lunaires lumineuse auxquelles s'ajoute la phase sombre de la Nouvelle Lune, suivait de très près la doctrine théosophique dépeignant 7 "globes" de manifestation auxquels s'ajoute une phase de dissolution, c'est-à-dire la "pra-laya" non manifestée.

Quelques jours après avoir lu "Le cycle de la Lunaison", j'ai eu la chance de voir une notice affichée à la Librairie Lewin's de Berkeley. Elle annonçait un débat informel sur le commencement de l'Ere du Verseau entre Gavin Arthur et Rudhyar, qui devait se tenir à la célèbre Glide Memorial Church de San Francisco. J'avais déjà ententu parler de Gavin Arthur, le riche petit-fils d'un Président Américain. Il avait quelque chose d'un grand-père hippie qui avait ouvert les portes de sa maison à une bande de beaux garçons et filles. C'était l'astrologue de la contreculture de San Francisco.

Je suis arrivé très tôt pour suivre le débat, et je me suis assis sur le banc avant gauche. Bientôt, un jeune couple d'à peu près mon âge vint s'asseoir près de moi. Nous avons engagé la conversation et nous avons parlé de nos thèmes respectifs. Très vite, il devint évident que le jeune homme et moi étions jumeaux astrologiques - nés le même jour, la même année et à la même heure, à quelques kilomètres de distance. Mais il y avait quelque chose chez mon jumeau astrologique qui me mettait mal à l'aise. J'étais à l'époque très timide et socialement replié sur moi, mais lui manifestait différemment notre configuration Scorpion-Lion. Il était très sûr de lui, autoritaire, agressif et pas qu'un peu égocentrique. Et puis pour terminer le tableau, il était passionné par Aleister Crowley et se vantait de ses talents pour les cérémoniels magiques et pour l'hypnose ...

Et le débat amical commença à peu près une heure plus tard. Rudhyar y a résumé la presque totalité de ce qui fut publié plus tard dans le livre "Astrological timing - The transition to the New Age". L'audience avait l'air impressionnée par la perspicacité de Rudhyar en matière historique et philosophique. Et pendant que le débat avançait, il devenait clair que Rudhyar ne se contentait pas de convaincre l'auditoire de la validité de sa position, mais aussi, que dans ce premier contact "en masse" avec la contreculture, il gagnait respect et admiration des jeunes et des moins jeunes non-conventionnels qui étaient dans la salle bourrée à craquer.

Mais ce qui était le plus impressionnant, le plus convaincant et le plus inspirant, se passa après le débat, lorsque les deux astrologues répondaient aux questions écrites soumises par l'audience. J'ai demandé à Rudhyar comment l'Ere du Verseau à venir se reliait avec ce que Blavatsky et d'autres théosophes annonçaient comme la venue d'un type d'humanité nouveau et hautement intégré, qui était sensé naître en Californie. Il m'a renvoyé un petit mot pour me dire que ma question était trop spécialisée pour qu'il en discute devant une audience pas forcément initiée à ce genre de recherches, mais que je pouvais très bien venir le voir après la discussion pour en parler avec lui. J'ai relevé la tête et j'ai vu qu'il me regardait avec insistance.

Ce soir-là cependant, Rudhyar avait répondu à des questions comme "Que pouvons-nous faire pour préparer la venue d'un Nouvel Age ?". C'était en réponse à des questions de ce genre-là qu'il avait parlé des composants-clef de sa vision socioculturelle, telle qu'on la retrouva quelques années plus tard dans ses livres "We can begin again - Together" et "Directives for a new life". Avec une force de vie et une puissance que je n'avais jamais rencontrées jusque-là, Rudhyar a parlé des "groupes-semence" comme de lentilles qui donnent une forme existentielle à ce qu'il appelle les "idées-semence" et aussi des nouveaux aspects de l'Homme archétypique. Alors qu'il parlait, sa voix roulait comme un tonnerre dans la salle. Le Son d'un gong énorme semblait résonner à l'unisson au travers de Rudhyar et de mon esprit, de mon être et de ma conscience. L'air et les esprits de l'audience assemblée, vibraient en harmonie avec la puissance spirituelle qui coulait en Rudhyar comme au travers d'une fenêtre grande ouverte. Je me suis rendu compte que je venais de rencontrer un représentant vivant de la Communauté des Prophètes et des Sages.

A la fin de son exposé, un groupe de jeunes gens avides et exaltés entourèrent Rudhyar, lui posant des questions de toutes sortes. Je suis resté à la frange du groupe, trop replié sur moi et trop timide pour parler. Mais je me suis rendu compte que Rudhyar me regardait régulièrement. Puis, après que le groupe se soit réduit à quelques personnes déterminées, Rudhyar fit un commentaire amical sur la question que je lui avais soumise et me demanda si je venais d'une famille de théosophes. Je lui dis que ma mère appartenait à une éminente famille Maçonique et que plus tard j'avais découvert la Théosophie seul, puis appris que mes grands-parents avaient étudié la "Doctrine secrète" de Blavatsky.

Quand les organisateurs du débat nous dirent qu'il fallait partir, parce que les gardiens souhaitaient fermer l'église pour la soirée, Rudhyar suggéra que comme il était encore tôt, le groupe pourrait se réunir dans la maison confortable des amis qui l'acceuillaient, celle de Madame Winslow, qui était au bord de la baie de Berkeley. C'est là qu'il a écouté attentivement toutes nos pensées, toutes nos expériences. Il était sincèrement intéressé par tous les aspects de la contreculture qui était en plein épanouissement à cette époque. Quelqu'un a suggéré qu'il pourrait nous résumer sa biographie. C'est à ce moment-là qu'il a parlé de sa formation théosophique et de la relation très proche qu'il avait entretenu avec le grand "theos-ophist" B.P. Wadia. Puis il nous parla de ses différentes activités créatives et comme il y avait un grand piano dans la maison, il nous joué deux de ses compositions, qui ne ressemblaient à rien de ce que j'avais pu entendre jusque-là. Puis il se lança dans une improvisation, qu'il avait l'habitude, nous dit-il, de jouer pour Martha Graham dans les années 20 et 30. Ce qui impressionna terriblement un étudiant en danse du Mill College.

Je suis reparti deux mois plus tard à New York où je passai trois ans. Cependant, j'ai vu Rudhyar une fois par an, quand il venait à New York pour des lectures ou des séminaires. Pendant ces années, nous avons correspondu un peu et j'ai lu tous ses livres. Je me rappelle précisément avoir attendu avec impatience la sortie de "Vers une conscience planétaire" que Rudhyar m'avait annoncée dans une de ses lettres, et qui devait traiter d'une façon nouvelle de la théosophie et de la métaphysique. J'ai lu ce livre difficile d'un bout à l'autre au moins deux ou trois fois entre 1970 et 1971, et j'ai compris qu'il y avait enfin une reformulation moderne de la Théosophie.

Ce n'est que lorsque je retournai en Californie au cours de l'été 1971 que nous sommes devenus amis proches. J'avais envoyé à Rudhyar quelques extraits du travail que j'avais commencé et qui allait devenir mon livre "A Handbook for the Humanistic Astrologer", qui l'intéressait grandement parce qu'il permettrait à la nouvelle vague d'étudiants en astrologie d'en apprendre les premiers principes sans être exposés ni conditionnés par les livres d'astrologie traditionnelle qu'on trouvait à l'époque, qui étaient uniquement centrés sur l'évènementiel et qui avaient été écrits des dizaines d'années avant. Rudhyar passa la fin de l'été dans la maison de Jose et Mariam Arguelles à Palo Alto, où ils l'avaient invité. C'est là que nous avons eu notre premier long entretien privé. Je suis arrivé très tôt dans l'après-midi et il ne m'a pas laissé partir avant le soir. Je me souviens que très gentiment et en m'encourageant, il m'a posé des questions en touts genres. Il semblait intensément intéressé d'apprendre tout sur ma formation et sur ce que je pensais de toutes sortes de choses. Une de ses remarques favorites envers moi, et que j'entendrai des douzaines de fois au cours des années suivantes, était : "Tu es médium !".

Cet après-midi-là, nous avons beaucoup parlé du Mouvement Théosophique et de son engagement dans ce mouvement, nous avons parlé aussi des changements fantastiques et prometteurs sur le plan social et mental qui se répandaient aux USA et dans l'Europe occidentale et comment nos travaux et nos vies à tous les deux y trouvaient place. Puis, il m'a parlé de ses deux "parents spirituels" - B.P. Wadia, le grand théosophe, et Aryel Darma, une théosophe hollandaise qui venait de Java - il les avait rencontrés en 1920 à Krona, le centre théosophique d'Hollywood. Puis il vint dans la conversation que l' Institut Esalen lui avait demandé de faire un séminaire en Septembre à Berkeley dont le sujet serait "Un nouveau regard sur la "Doctrine Secrète" de Blavatsky". Il me dit que j'y serai son invité. Puis après avoir dit combien la tâche lui semblait difficile et qu'on ne pouvait pas savoir comment les intellectuels recevraient (ou interprèteraient mal) les idées et les concepts théosophiques, il en vint à résumer son approche général du sujet.

Tout au long de cette rencontre, je me suis de plus en plus rendu compte du fait que depuis que j'avais rencontré Rydhyar pour la première fois en 1968, j'avais ressenti à quel point nos deux destins étaient liés, d'une façon ou d'une autre ; et au cours des dizaines d'années qui se sont écoulées depuis, j'ai souvent ressenti que nos anciens échanges venaient s'imprimer sur la réalité du moment. Puis vers la fin de notre entretien, je lui ai parlé de quelque chose qui me trottait dans la tête depuis longtemps. J'ai mentionné à Rudhyar qu'il était aisé de reconnaître son immense contribution à l'astrologie parce qu'il y restaurait la notion de cyclicité, à cause aussi de sa formulation de l'humanisme, et de son approche centrée sur la personne, etc ... Mais pourquoi, lui demandai-je, avait-il passé tant de temps et mis tant d'énergie sur l'astrologie, alors qu'il aurait pu faire beaucoup plus en tant que guide et enseignant spirituel. Je voulais savoir "pourquoi être astrologue, alors qu'il aurait pu être un grand "gourou" ?" Je suppose que cette question ressemblait à celle que posait Marie d'Algout à Franz Liszt "pourquoi jouer si bien du piano"... Pourquoi était-ce si important pour Rudhyar, alors qu'il aurait pu être un grand artiste et un philosophe iinfluent.

En réponse, Rudhyar m'a parlé des grandes difficultés et des obstacles qu'il avait rencontrés au cours de ses jeunes années. Il m'a raconté comment les opportunités (sans doute trop nombreuses) que se sont présentées à lui plus tard dans le monde astrologique, et puis il a aussi fait allusion aux tentatives avortées par lesquelles il était passé parce qu'il n'était pas encore prêt. Mais il m'a confié aussi qu'avec l'approche du dernier quart du 20ème siècle, peut-être qu'il serait possible de faire plus. Et puis, me dit-il avec une voix tout à coup haut perchée : Esalen m'a déjà demandé de parler de la "Doctrine Secrète"....
Avant que je parte, il m'a gracieusement proposé des copies de certains de ses anciens articles (comme : "A call to Occultists and Théosophists") qu'il avait apportés avec lui pour son séminaire sur la "Doctrine Secrète". C'est de ce moment-semence qu'ont "poussé" le livres "Préparations spirituelles pour un nouvel âge" et d'autres livres écrits après 1975, dont Rudhyar et moi avons longuement discuté entre 1973 et 1974. Et c'est dans ces livres (aussi bien que dans un livre précédant "Vers une conscience planétaire") qu'il me semble que Rudhyar a apporté sa contribution la plus éclatante, bien que restée méconnue du plus grand nombre.


Il m'est presque impossible de dire à quel point Rudhyar a "influencé" ma vie. Je ne peux même pas imaginer comment ce serait si il n'y avait pas eu de Rudhyar. Mais ce que je peux dire, ce qui s'il n'avait pas été là, peut-être que bientôt, ou plus tard, il y aurait eu quelqu'un pour remplir ce besoin, même de façon différente de celle de Rudhyar, quelqu'un qui aurait donné un futur à l'astrologie et à la théosophie. Un jour j'ai entendu Rudhyar dire qu'il avait été "aurorisé à vivre". Et effectivement, c'est sa santé fragile qui lui a sauvé la vie, parce que par exemple, à cause d'elle, il a été exempté de service militaire pendant la première guerre mondiale, alors que le régiment auquel il aurait été affecté était celui qui a disparu pendant la retraite de la bataille de la Marne.

Il semble que ce qui est nécessaire et qui survit, si quelqu'un est vraiment ouvert à la descente de la lumière et du pouvoir transpersonnels et transcendants, sera reçu, d'une façon ou d'une autre par cette personne, comme étant l'aide et la protection dont elle a besoin pour accomplir son dharma.


Maintenant, c'est à nous de survivre
et de donner une forme existentielle et un sens
au nouvel aspect opératif de la divine Sagesse
et de l'archétype Anthropos,
c'est maintenant qu'il faut chercher notre réalisation
au travers d'une nouvelle et véritable humanité PLANÉTAIRE.


Vous pouvez lire en anglais la contribution de Michael Meyer au Rudhyar Tribute à cette adresse :
http://www.astrologie.ws/rudh02.htm ]]>
Mon, 11 Jul 2005 00:00:00 +0200 http://www.rudhyar-ipseite.com/article-671954.html
<![CDATA[Rudhyar Tribute - Contribution de Jeff Jawer]]> http://www.rudhyar-ipseite.com/article-694840.html Son site, créé avec Rick Levine : Star Iq

RUDHYAR

En 1973, j'ai commencé à étudier l'astrologie à partir de textes traditionnels. J'étais réellement fasciné par l'astrologie, mais en même temps je me disais qu'elle devait receler bien autre chose que ce que j'avais trouvé dans mes lectures. Les interprétations que ces livres donnaient étaient vraiment trop négatives et surtout elles ne correspondaient vraiment pas avec les idées que j'avais sur la vie et le potentiel humain. Et puis je suis tombé sur "L'astrologie de la personnalité" de Dane Rudhyar et mes plus grands espoirs se sont réalisés. En fait ce que proposait Rudhyar allait bien au-delà de ce que j'avais espéré et il présentait l'astrologie de façon profondément significative. Elle n'était plus coincée dans les limites du déterminisme - elle se donnait la liberté d'ouvrir la voie à l'expression la plus haute du potentiel humain. Rudhyar est alors devenu pour moi, de même que pour beaucoup d'autres astrologues, une clef pour le futur et non plus un poids venant du passé.

Fidèles à sa nature de Verseau, les yeux de Rudhyar portaient toujours le regard vers le futur, ils sapaient à la pioche les anciennes bases, pour les astrologues, les ésotéristes et les penseurs de toutes sortes. Son astrologie rejoignait les grandes marées humanistes de tout le 20ème siècle en plaçant l'homme au centre de son monde et en faisant du libre-arbitre l'essence de la pratique astrologique. Tout dans le thème natal pouvait être vu comme un potentiel, rien n'était plus dicté par les forces d'en-haut. Nous n'étions plus collés au sol, ni coinçés dans nos thèmes par les limites de Saturne, la violence de Mars ou la confusion de Neptune. Chacun de nous devenait libre d'être les créateurs du 21ème siècle, nous n'étions plus prisonniers du 19ème.

Rudhyar a transformé le paysage de l'astrologie et nous a incités à vivre au plus haut de nos capacités plutôt que de rester piégés dans notre ancienne vision du monde. Les Carrés et les Oppositions n'étaient plus des condamnations à l'emprisonnement dans le conflit et devenaient des incitations à la découverte. Tout cela a été rendu possible par la créativité de Rudhyar et par son amour pour l'humanité. C'est "le" cadeau essentiel qu'il nous a fait. Cependant, il nous a aussi laissés avec un grand défi à relever : aller sur la voie de notre propre transformation et élaborer une nouvelle vision de l'astrologie et du potentiel humain.

Au cours de sa longue carrière, Rudhyar a touché à chaque élément de la pratique astrologique, des Maisons aux Planètes, aux Signes, aux aspects et à tout le reste. Ce qui est fondamental dans son approche, c'est la quête de sens, la recherche de modèles logiques et la compréhension des principes astronomiques qui sous-tendent notre travail. Le meilleur exemple en est son travail sur les cycles et particulièrement le cycle de la lunaison. Ce qu'il a fait dans ce domaine a attiré notre attention sur le mouvement dynamique des planètes en nous proposant de les voir essentiellement en mouvement plutôt que comme des points statiques. Dans "Le cycle de la lunaison", Rudhyar a inventé une mesure en 8 phases du cycle mensuel du Soleil et de la Lune, où les Pleines Lunes n'étaient plus décrites comme un conflit entre nos personnalités consciente et inconsciente. La Pleine Lune et les 7 autres phases étaient décrites comme étant les parties d'un processus, soit une relation dynamique entre ces deux corps essentiels. Chaque phase était vue comme venant de quelque part et se dirigeant quelque part. Il donnait aux astrologues une direction pour comprendre que même si le thème natal est figé dans le temps et dans l'espace, nous et les planètes ne le sommes pas. Travailler avec les phases lunaires ouvrait la porte à une vision de l'astrologie qui mettait les astrologues au défi de revoir leur approche et leurs comportements en la matière.

L'importance du travail de Rudhyar sur le cycle de la lunaison va au-delà de la relation soli-lunaire. Il nous rappelle qu'il est bon d'analyser tous les comportements des planètes à la lumière des cycles plus grands dans lesquels elles évoluent. En un sens, cette démarche a "féminisé" l'astrologie qui depuis 2000 ans, était dominée par des consciences masculines. L'approche masculine de la vie et de l'astrologie se focalisait sur des points précis, sur des éléments fixes, afin d'en contrôler l'interprétation. Cette approche masculine qui n'utilise pas un cycle mensuel visible, reste en dehors des dynamiques de la nature et du cosmos. Et ce faisant, ces hommes se sont octroyé le droit d'agir comme s'ils ne faisaient pas partie de la nature, ils sont restés à l'extérieur, comme si elle n'avait aucun effet sur eux. La dévastation écologique dans laquelle nous vivons actuellement résulte de ces comportements masculins.

Cependant, le cycle de la lunaison nous rappelle que toutes les relations sont faites de connections, qu'elles sont des vagues, des cycles, des spirales, qu'elles ne sont pas composées de points séparés. Quand nous prenons conscience de la nature des cycles, nous ne pouvons plus nous empêcher de nous voir comme faisant partie d'un processus plus grand. Rudhyar, même s'il est surtout un intellectuel, nous a aidé à nous reconnecter avec la totalité de l'existance, il nous a montré que c'est elle qui nous permet de prendre soin de nous et de notre planète. Du coup, son oeuvre marque aussi un retour à une ancienne vision du monde, mais celle où tous les êtres vivants étaient en interrelation. Il se trouve aussi que l'oeuvre de Rudhyar nous a poussés à adopter une perspective évolutive, celle où l'humanité est créatrice de son propre futur. Par exemple, ses écrits considérables sur les planètes extérieures, sont un des moyens qu'il nous a laissé en partage pour nous permettre d'adopter une nouvelle vision de nous-mêmes. Une des clefs de la compréhension de ces planètes extérieures est leur rôle dans la transformation de l'ego (limité par Saturne) en conscience cosmique. Ainsi, le processus est tel que paradoxalement il appuie à la fois sur l'individuel et sur le collectif. C'est-à-dire que chacun d'entre nous sommes des individus uniques avec des choix à faire qui nous concernent et concernent notre façon d'agir. Chacun d'entre nous peut et doit agir pour réaliser les potentialités contenues dans son thème natal. Si on laisse de côté le conditionnement culturel ou social, il est évident qu'en nous se trouve une volonté humaine et personnelle essentielle, qui nous donne toute liberté d'utiliser nos ressources de façon individuelle. Mais le contexte dans lequel s'exprime l'individualité a toujours un impact collectif. C'est pourquoi Rudhyar voyait les planètes extérieures comme des moyens d'évoluer au-delà du strictement personnel et de prendre le chemin vers le transpersonnel. Ainsi chacun de nous contribue à la conscience et à la croissance collectives.

Il importe aussi de mettre en évidence que Rudhyar a beaucoup écrit sur l'importance de la relation culture-astrologie. Il disait que chaque culture développe sa propre astrologie. Cette idée simple et logique ne se retrouve nulle part ailleurs dans la littérature astrologique de ce siècle. C'est ainsi que Rudhyar nous rappelle de porter une attention particulière au monde dans lequel nous vivons. Et de ne pas rester enfermés dans nos petites chapelles, d'être conscients des limitations qu'elles ne manquent pas de nous imposer et de tout faire pour aller en conscience au-delà des limites que nous nous serions imposées pour rester dans ces chapelles.


Rudhyar, qui était musicien, tirait son inspiration de multiples sources. Il avait étudié la Théosophie, il connaissait parfaitement les traditions religieuses orientales et il s'abreuvait à une grande variété de philosophies. C'est à cause de l'étendue de ses connaissances et de ses expériences qu'il était capable de passer du côté technique au côté spirituel avec autant d'aisance. C'est en associant tout ce qu'il a étudié qu'il a donné à l'astrologie la valeur très élevée que nous lui reconnaissons maintenant. Et puis, l'oeuvre de Rudhyar nous met au défi de ne pas nous enfermer dans la peur et le déni. Ses écrits sont traversés par une compassion non sentimentale qui prend racine dans l'intelligence et c'est elle qui lui a permis d'oeuvrer toujours au niveau le plus élevé. C'est ainsi qu'il s'adresse à nous et qu'il nous demande de participer à la création d'une nouvelle phase d'expériences humaines, de nous rapprocher des dieux et de vivre au niveau de ce que nous avons de plus élevé en nous. C'est en pratiquant cela que Rudhyar a reformulé l'astrologie et lui a rendu au 20ème siècle ses lettres de noblesse ; et c'est le défi qu'il nous propose de relever : être complètement humains, "divinement" humains.

Certaines des idées de Rudhyar sont ancrées dans l'astronomie, pour ainsi dire dans les éléments "physiques" des planètes. Son travail sur la relation Soleil-Mercure, par exemple, détaille tout simplement leur cycle astronomique pour mettre en lumière leurs relations possibles. Ce n'est pas un travail ésotérique, il colle juste aux observations astrologiques de nos lointains ancêtres. C'est une façon de nous rappeller que la logique et la simplicité nous permettent tout simplement de faire nos propres observations, d'en tirer des conclusions qui nous sont propres et donc d'ajouter à la somme de Rudhyar nos observations personnelles.

Tout ça pour dire qu'on ne peut pas qualifier Rudhyar d'astrologue ésotérique. Parce qu'il a toujours ancré son travail dans le concret et le pratique. On ne peut pas non plus dire qu'il serait un astrologue traditionnel (matérialiste), parce qu'il avait clairement compris que les évènements sont la matérialisation du sens. Son oeuvre couvre tout ce qu'il est possible de couvrir en astrologie, comme aucun astrologue du 20ème siècle n'a pu le faire. Bien que le langage qu'il emploie soit parfois difficile à comprendre pour les astrologues contemporains, le Sens qu'il contient n'est pas du tout obscur. Il nous a vraiment montré, comme personne ne l'a jamais fait, sur quoi est ancré notre travail d'astrologues et tout ce qu'il contient de potentialités.

L'influence de Rudhyar est tellement intrégrée par les astrologues modernes américains, que les gens oublient que c'est lui qui est à la source de tant d'idées et surtout principalement de la mise en exergue du potentiel humain. Par exemple, les écrits de Stephen Arroyo sont complètement imprégnés de la compréhension de Rudhyar en matière de relations entre esprit et psychologie. En fait, toute l'astrologie psychologique moderne a une dette envers Rudhyar qui n'a pas seulement écrit énormément sur l'astrologie psychologique, mais a construit un pont avec la spiritualité pour combiner les deux. Aujourd'hui, l'influence de Rudhyar aux Etats Unis s'est obscurcie au fur et à mesure que ses idées ont été absorbées par d'autres. Par contre, en Europe, le travail d'Alexander Ruperti - ami et disciple de Rudhyar - prolonge et diffuse son oeuvre de façon beaucoup plus directe. Ruperti a organisé plus d'une douzaine de groupes en France, en Suisse et en Espagne, qui étudient l'oeuvre de Rudhyar et vivent au quotidien ses principes. Alex mérite un remerciement spécial pour sa contribution originale à l'oeuvre de Rudhyar. Les astrologues et les étudiants de son Réseau d'Astrologie Humaniste (R.A.H.) travaillent à leur propre transformation au travers de l'astrologie. C'est dans l'oeuvre de Rudhyar qu'ils puisent leur inspiration à encourager le niveau indivuel et à trouver des moyens pour aider à l'évolution de l'humanité.


On a appellé Rudhyar "L'Homme Semence", ce qui décrit parfaitement ce pionnier Verseau  qui a inspiré et instruit tant d'entre nous. Il nous a remis un modèle d'astrologie avec ses potentialités de devenir, il nous a montré vers quoi l'humanité pouvait se diriger et, dois-je ajouter, il nous a montré le chemin que nous devons emprunter si nous souhaitons survivre et prospérer.

Bon 100ème anniversaire, Dane Rudhyar
Et merci du plus profond du coeur.


On peut lire en anglais la contribution de Jeff Jawer au Rudhyar Tribute à cette adresse
http://www.astrologie.ws/rudh01.htm  ]]>
Sun, 10 Jul 2005 00:00:00 +0200 http://www.rudhyar-ipseite.com/article-694840.html
<![CDATA[Rudhyar Tribute - contribution de Roeland M. de Loof]]> http://www.rudhyar-ipseite.com/article-702304.html Son site (astrologie védique) : dirah.demon


TRANSFORMER OU ... ?

L'existence de la planète Terre n'a jamais été aussi menacée qu'à notre époque. Malgré toutes les insécurités, une chose est sûre cependant : si nous ne sommes pas capables de vaincre notre mentalité égocentrique, ce n'est pas seulement l'humanité, mais probablement toute vie sur terre qui sera condamnée.

- D'une société individualiste à une société transpersonnelle

C'est Dane Rudhyar qui, par exemple dans son livre "Vers une conscience planétaire", a mis en évidence la nécessité de passer d'une société centrée sur le particulier à une société transpersonnelle. Dans une société transpersonnelle, les gens ne seraient plus guidés par leurs egos, mais par leur Soi ; l'essence de notre conscience qui est partie du Tout cosmique.

"Ce qui est en jeu n'est pas quelques modifications mineures des structures de la société. L'enjeu est une transformation fondamentale qui transcende les conditions locales et nationales et le comportement habituel des hommes égocentriques et cupides, assoiffés de pouvoir et qui ont besoin de combler leur vide intérieur. Ce changement nécessaire est aussi radical que celui qui arrive lorsqu'on passe d'un état à un autre sur l'échelle des températures - disons, comme quand on passe de l'état solide à l'état liquide." (dans "Vers une conscience planétaire")

- Astrologie centrée sur la personne ; telle qu'elle met la personne en harmonie avec le cosmos

L'astrologie a un rôle important à jouer dans la réalisation du nécessaire processus de changement. Selon Rudhyar, le thème natal contient le "nom céleste" individuel. Dans son livre "Les maisons astrologiques" il le formule comme suit :

"Le thème natal est vu comme la formule définissant structurellement la "nature fondamentale" d'un homme. C'est un symbole cosmique complexe - un mot ou logos révélant ce qu'est potentiellement la personne. C'est le "nom céleste" de la personne individuelle qui contient la marche à suivre pour permettre à la personne d'actualiser au mieux ses potentialités de naissance - "les potentialités-semence". Le thème natal est un mandala, c'est un moyen de réaliser l'intégration tout-inclusive de la personnalité." (dans "Les Maisons astrologiques")

Il a été donné à l'astrologue une responsabilité importante, celle d'expliquer à ses clients quels sont leurs "noms célestes", de leur montrer quelles sont leurs possibilités d'accomplissement de leur destin, de leur permettre de s'approcher au plus près de leur personnalité cosmique. Ainsi, l'astrologue contribue à la transition vers une société transpersonnelle dans laquelle ils peuvent incarner leur véritable personnalité - une société sans conflits de pouvoir, sans égotisme ni destructions, où les gens peuvent vivre ensemble en harmonie et accomplir leur destin.

Les livres de Rudhyar "L'Astrologie de la transformation" et "La dimension galactique de l'astrologie" parlent d'une telle approche de l'astrologie ; une astrologie qui stimule la transformation de l'individu et par-là même lui permet de devenir une partie d'une (future) société transpersonnelle.

"L'astrologue transpersonnel est comme un poète évoquant le Sens du thème natal considéré comme un Tout ainsi que l'épanouissement de ses potentialites de transformation." (dans "L'Astrologie de la transformation")
Cette transformation permet de comprendre que "réaliser, de façon vivante, totale et inéluctable, que le Soleil-ego n'est essentiellement qu'une étoile galactique, constitue la première étape fondamentale dans la transformation de l'homme, tel qu'il est aujourd'hui dans la plupart des cas, en "plus-qu'homme", symboliquement en être galactique, en "étoile". Cette transformation est nécessaire car elle constitue la base de la "Révolution galactique". (dans "La dimension galactique de l'astrologie")

En plus de prêter attention au développement et à la transformation du client, l'astrologue devrait aussi parler des questions cosmiques :
"Le thème peut alors être envisagé comme la représentation de la signification et de la finalité dont le Tout plus grand, l'Humanité, a investi cette naissance - donc le "dharma" du nouvel être humain. Le terme "dharma" définit ce que le nouvel être humain "pourrait" faire pour l'Humanité dont il fait partie, ce que l'Humanité attend de cet individu, et qu'elle favorisera dans la mesure du possible". (dans "L'Astrologie de la transformation")

- Astrologie mondiale : comment nous pouvons utiliser créativement les énergies planétaires qui sont à notre disposition

A côté de la tâche qui est la nôtre de stimuler les individus à vivre en fonction de leur vrai Soi et d'accomplir leur destinée cosmique, il serait formidable que les astrologues entendent maintenant un autre appel de Rudhyar. Dans "La conscience planétaire" il formule ainsi un des besoins de notre époque : "Au seuil du Nouvel Age, le travail essentiel est de féconder l'inconscient collectif de l'humanité d'Images adaptées au caractère global de la future société que nous sommes en droit d'attendre".

Pourquoi ces nouvelles images ne viendraient-elles pas des astrologues ? Ils sont extrêmement bien placés pour appréhender les périodes de temps et leur contenu, particulièrement dans le domaine de l'astrologie mondiale, l'astrologie des évènements mondiaux, et ils possèdent pour ce faire un instrument capable de reconnaître ce dont nous avons besoin aujourd'hui. L'astrologue observe les planètes dans leurs cycles et peuvent avertir l'humanité de l'utilisation optimale de ces énergies. A cet égard, les conjonctions des planètes extérieures sont très importantes. Le passé nous a enseigné que les énergies de ces conjonctions n'ont pas toujours été utilisées créativement et que souvent des guerres et des repressions qui n'avaient aucun sens en furent le résultat. Cependant, l'astrologue connaît les moyens de montrer de meilleure façon l'utilisation possible de ces énergies. Ceci n'est pas seulement une possibilité, mais aussi le devoir de l'astrologue. Je suis convaincu que nous ne recevons pas seulement nos talents pour nous-mêmes, mais qu'aussi tout spécialement, nous avons le devoir de les utiliser en les communiquant aux autres. Si le cosmos nous a bénis en nous donnant le talent d'interpréter les cycles des planètes, alors nous avons l'obligation d'utiliser ce talent pour le bénéfice du Tout cosmique et tout spécialement dans l'époque critique que nous traversons. Nous ne devrions pas nous perdre dans des voies de traverse, mais plutôt nous focaliser sur l'essentiel, sur ce qui est au coeur de notre motivation professionnelle.

- Idéal et pratique

Si nous souhaitons être en tête dans le nécessaire processus de renouveau, devons-nous investir un maximum d'énergie pour nous faire reconnaître des sciences établies et des autorités ? Est-ce que nous devons absolument essayer d'obtenir l'agrément de ceux qui bientôt mettront des freins au renouveau, plutôt que de le stimuler ? Et quel est le prix que nous aurons à payer pour cela ? En ce moment, Uranus et Neptune, les planètes symbolisant l'astrologie et la spiritualité, sont dans le signe du Capricorne. Capricorne oblige, j'ai remarqué en ce moment, qu'il y a quelques astrologues qui font beaucoup d'efforts pour être placés au mieux dans la bonne société, qui y cherchent une reconnaissance et qui portent une grande attention au aspects financiers de leur profession. Je n'ai bien sûr rien contre la "manifestation dans la matière" d'un idéal, sinon tout cela reste de l'ordre de l'illusoire et ne sera jamais ancré quelque part. Mais bien sûr, c'est tout à fait différent lorsque l'idéal passe au second plan et finit par disparaître.

L'astrologie est une profession qui nécessite un "appel" particulier et demande à l'astrologue d'être responsable - ce que l'on peut très bien reconnaître à la façon dont elle est pratiquée. Et je dirais quand même que souvent, elle est pratiquée au niveau que Rudhyar évoque ici : "le type d'astrologie-psychologique le plus répandu décrit tout simplement aux individus leur caractère, leur personnalité et leur montre comment ils devraient régler leurs conflits et leurs opportunités de croissance à un niveau purement personnel - une sorte de croissance qui leur permettrait principalement de se sentir plus heureux, plus sûrs d'eux et de vivre pleinement leur vie privée ou toutes sortes de situations sociales." (dans "L'Astrologie de la transformation"). Après tout, en ces jours où Uranus et Neptune sont en Capricorne, il y a urgence à pratiquer la forme d'astrologie qu'on appelle pragmatique, celle qui résout les problèmes des clients en espérant que leurs problèmes diminueront. Cependant, Rudhyar pense, et je suis complètement d'accord avec lui, que la joie qu'on donne à nos clients de cette façon devient rapidement de la contrefaçon et que le véritable bonheur ne peut être trouvé que par le contact avec le vrai Soi.

Voici ses arguments pour l'astrologie transpersonnelle : "L'astrologue transpersonnel s'efforce d'évoquer (pour l'individu désireux d'atteindre un état transcendental) la possibilité d'utiliser chaque opportunité, chaque tension, chaque crise comme un moyen de vaincre progressivement l'inertie de son passé, celle de ses habitudes et celle des préjugés sociaux et mentaux et, par-dessus tout, la résistance du "Je" aux changements qui mineraient son autorité centralisatrice." (dans "L'astrologie de la transformation"). Mon expérience me dit bien sûr qu'une telle approche de l'astrologie ne me permet pas de faire à mes clients des suggestions basées sur le bonheur à court terme, puisqu'une telle proposition pousse l'individu à s'engager dans un voyage long et difficile en quête de son vrai Soi pendant lequel il devra dépasser son passé karmique. Mais la récompense est un véritable bonheur intérieur, à la place d'un bonheur de surface. Peut-être que pendant le transit d'Uranus et de Neptune en Capricorne, il est moins à la mode d'être idéaliste (Neptune est en relation avec la mode) ... Alors, particulièrement dans une période comme celle que nous vivons, devrions-nous être attentifs au fait que l'essence, la motivation centrale de notre profession d'astrologues, telle que décrite par Rudhyar, ne soit pas perdue.

- L'astrologie mondiale et personnelle au service du processus de transformation

L'astrologue devrait être au premier plan, je pense, du renouveau de la société et stimuler la transformation des individus qui en font partie. Les vieilles façons de faire ont amené la terre au bord du désastre. Si nous ignorons l'appel de Rudhyar, nous courons à la catastrophe. En tant qu'astrologues, nous devrions chercher les sources les plus profondes de symptômes comme la pollution, la violence et le racisme. Nous sommes capables de mettre en évidence les archétypes (astrologiques) qui correspondent à ces symptômes, afin qu'ils puissent être utilisés de meilleure façon. Après tout, ces archétypes sont neutres, et nous sommes ceux qui peuvent décider s'ils agiront de façon positive ou négative. Je pense que c'est la première chose que nous avons à faire en tant qu'astrologues. L'autre chose consiste à amener l'individu plus près de son destin en déchiffrant pour lui son "nom céleste". Ce qui peut apporter beaucoup de bonheur à sa vie et lui permet de prendre place dans la société que le cosmos a prévue pour lui. Plus on suivra cette route et plus il en résultera de l'harmonie pour la société.

Alors honorons Dane Rudhyar de façon concrète : l'héritage de Dane Rudhyar peut aider à contrecarrer les excès de professionnalisme trop affairistes et les approches trop pragmatiques. Pour moi, l'idéalisme tel que formulé par Rudhyar et le motif central qui doit imprégner l'astrologie. Si l'astrologie n'était pas inspirée et si elle n'avait pas un but élevé, je crois que j'arrêterais immédiatement. L'astrologie propose assez de moyens aux astrologues pour contribuer au processus de transformation de façon concrète. Nous devons au cosmos et à la vie sur terre de pouvoir les employer. Bien sûr, il nous faut faire un choix et décider de quitter les vieux chemins trop sécurisants que nous avons parcouru et reparcouru. Une fausse sécurité qui nous a en plus rendus responsables d'un possible futur très sombre ... un futur qui pourrait être tellement large, ouvert et beau, si nous dirigeons tous nos esprits vers lui. C'est la leçon la plus importante que Rudhyar m'a enseignée.

Vivons en accord avec le plus grand honneur
que nous puissions lui rendre

On peut lire la contribution de Roeland M. de Loof en anglais à cette adresse :
http://www.astrologie.ws/rudh02.htm
 ]]>
Sat, 09 Jul 2005 00:00:00 +0200 http://www.rudhyar-ipseite.com/article-702304.html
<![CDATA[Rudhyar Tribute - contribution de Samuel Djian]]> http://www.rudhyar-ipseite.com/article-702559.html Aucun astrologue francophone - pas même Ruperti - autre que lui, n'ayant passé autant de temps avec Rudhyar, il me semble donc qu'il il a tout à fait sa place dans cet hommage à Dane Rudhyar, d'autant plus qu'il a traduit en français deux de ses livres "Approche astrologique des complexes psychologiques" et "Astrologie et psyché moderne" aux Editions de Médicis. Autre chose qui le différencie de Ruperti - et qui les rend complémentaires aussi en tant que disciples de Rudhyar - c'est que Ruperti a surtout diffusé l'approche humaniste de l'astrologie de Rudhyar, alors que Samuel, à cause de son parcours et de la nature de son dharma, diffuse plutôt l'astrologie transpersonnelle.


Découverte de Rudhyar

C'est Germaine Holley qui me parla pour la première fois de Dane Rudhyar en 1978. Par la suite, je me rendis compte qu'Henry Miller en avait parlé dans certains de ses livres que j'avais lus en 1972-73. Mais cela m'avait échappé ou bien s'était inscrit comme une évidence dans un coin de ma mémoire. Quand j'ai connu Germaine Holley, en cette même année 1978 - marquée dans mon thème natal par des transits et des progressions importants et une Révolution Solaire très significative, une de ses amies suisse (la Suisse joue un grand rôle dans ma vie personnelle, autre coïncidence avec Germaine Holley et Charles Vouga, ce qui est normal, au demeurant, pour un Mars Maître d'Ascendant en Vierge ... tout comme Germaine, "le plus emm...des Mars !" disait-elle), Yvonne Anex-Genoud, travaillait à la traduction en français du premier livre de Rudhyar "Le Cycle de la Lunaison". J'eus ainsi l'occasion de lire le manuscrit de la traduction et c'est de cette manière que je pris contact avec la pensée de Rudhyar. Ce livre me transporta à nouveau vers des sommets astrologiques et métaphysiques aussi élevés que l'Everest. Madame Holley me dit alors que, compte-tenu de mes études et de ma tournure d'esprit, Rudhyar aurait certainement beaucoup à m'apporter. Elle me donna à lire les quelques livres, en anglais, qu'elle possédait dans sa bibliothèque, certains annotés par Vouga. C'était du petit lait qui était déversé dans ma conscience et j'avais le sentiment de repousser sans arrêt l'horizon de ma connaissance. Cette année 78 fut marquée pour moi par une ouverture prodigieuse : la rencontre avec Germaine Holley et l'enseignement qu'elle me dispensait personnellement ou à travers les groupes qui se réunissaient autour d'elle, la découverte de Rudhyar, mon premier voyage en Inde et l'enseignement de Paramahansa Yogananda, mes débuts de consultant en Astrologie...

Durant l'été de 1979, alors que j'étais resté à Varengeville auprès de Germaine Holley après les stages, je me rendis compte que, depuis Dieppe, je n'étais qu'à quelques encablures de l'Angleterre et de Londres où je pourrais sans doute trouver d'autres livres de Rudhyar. Un petit matin brumeux, j'allais jusqu'à Dieppe avec la vieille R8 de Madame Holley et m'embarquait pour Newhaven. Tandis que le ferry prenait le chemin d'Albion, il me revint en mémoire un épisode de la vie d'Henry Miller qui fit ce même trajet dans les années 30 (Via Dieppe-Newhaven dans le recueil de nouvelles Max et les phagocytes). Je rentrai de Londres avec tous les livres de Rudhyar, le cœur en fête, assoiffé.

Immédiatement, au fur et à mesure que je lisais, j'appliquais la compréhension que Rudhyar m'apportait à ma propre vie et celle-ci m'apparaissait pleine d'un sens que je percevais certes, mais qui prenait sa pleine mesure avec la notion de cycle par exemple, particulièrement le Cycle de la Lunaison progressé. Les Symboles Sabian apportaient un éclairage nouveau et riche de perspective. Le lien que Rudhyar faisait avec la psychologie que j'étudiais en profondeur dans le même temps, comme avec toutes les spiritualités orientales et occidentales dans lesquelles j'étais plongé depuis 1972, me permit d'intégrer, de manière "holistique", toutes les recherches et les études que j'avais pu faire depuis que j'étais en quête, en fait depuis mon enfance ! Ma vie s'ordonnançait. En lisant "Birth Patterns for a New Humanity" (traduit par la suite en français sous le titre "L'Histoire au rythme du cosmos"), je pus faire le lien entre mes études de Sciences Politiques à l'Université et l'Astrologie. Ce qui m'avait appelé, quand j'avais entrepris ces études, c'était le besoin de comprendre la place de l'homme dans le monde, sa place dans la société, l'évolution des sociétés et la manière dont elles pouvaient vivre en fonction de choix sociaux et économiques spécifiques. J'espérais que cette compréhension m'aiderait à mieux oeuvrer pour que chacun soit à sa juste place et contribue à la bonne marche de la vie communautaire dans le respect des différences, dans un esprit de justice et de partage. Ce besoin de participer l'émergence d'une nouvelle forme de société et à de nouvelles formes de relations humaines m'habitait depuis l'enfance et c'est ce qui m'a poussé plus tard à aller à Findhorn où une expérience de vie nouvelle était en route, puis à fonder, avec d'autres chercheurs, le Groupe de Lucinges, en Haute-Savoie, qui s'était donné pour mission, en tout cas dans mon esprit, de faire émerger concrètement ce nouveau type de relations.

Quelques mots sur l'œuvre de Rudhyar

Avec l'approche socio-politique fondée sur une compréhension spirituelle de l'univers et de l'homme que j'ai trouvée chez Rudhyar, cette dimension que je recherchais, à tous les niveaux, était présente et clairement formulée. Il ne faut pas oublier que Rudhyar n'était pas un astrologue en réalité, contrairement à l'idée réductionniste que l'on se fait de lui dans certains milieux astrologiques. C'était un penseur, un philosophe, un visionnaire d'un monde nouveau et il a tenté de donner à cette vision différents modes d'expression sur les multiples plans dans lesquels chacun de nous évoluons, physique, émotionnel, mental, spirituel. La musique (à l'origine, il était compositeur), la poésie, le roman, la peinture, l'essai et, bien sûr, l'Astrologie, étaient pour lui des outils à travers lesquels il pouvait illustrer sa vision. C'est pourquoi ses écrits majeurs ne sont pas des livres d'Astrologie, mais des livres "métaphysiques" et nul ne peut aborder réellement son Astrologie s'il ne les a lus au préable "Vers une Conscience planétaire", "Préparations spirituelles pour un Nouvel Age", "Un Nouvel Homme pour un Nouvel Age". Et si on ne devait lire qu'un seul de ces livres, il faudrait lire son testament philosophique : "Le Rythme de la Totalité" publié en anglais en 1983, en français un peu plus tard. Rudhyar m'a dédicacé le livre quand il est sorti "For Samuel, that his life may unfold in rythms of wholeness and peace" (Pour Samuel, que sa vie s'accomplisse aux rythmes de la totalité et de la paix).

Cher Rudhyar, merci de votre souhait qui m'a accompagné depuis que je vous ai rencontré. Et si j'ai effectivement le sentiment, avec les années, que ma vie suit bien le rythme de la totalité, je sais que l'acquisition de la paix et de la sérénité est le fruit d'un long chemin. Mais, plus j'avance, et plus les périodes durant lesquelles elles se manifestent prennent de l'ampleur ... Par rapport à la vision plus sociale évoquée plus haut, Rudhyar a écrit un certain nombre de livres parmi lesquels "Directives for a New Life", "The Rhythm of Human Fulfillment" et, particulièrement, "Culture, Crisis and Creativity"(non traduits en français).

Contact avec Rudhyar

Lorsque Germaine Holley me fit découvrir Rudhyar, aucun de ses livres n'étaient traduits en français. "Le Cycle de la Lunaison" le fut en 1978, la plupart des autres à partir de 1982-83. Je venais juste d'apprendre, lors de mon voyage en Inde, à lire vraiment en anglais et la lecture de Rudhyar contribuèrent à enrichir ma connaissance de cette langue. C'est précisément en anglais (laborieusement !) que j'écrivis ma première lettre à Rudhyar. Devant mon enthousiasme et la rapidité avec laquelle j'intégrais les concepts élaborés par Rudhyar, Madame Holley me suggéra de lui écrire. "Vous savez, il sera très heureux de savoir que de jeunes astrologues français s'intéressent à son oeuvre et la diffusent comme vous le faîtes désormais". Elle était en contact avec Rudhyar depuis des années, elle l'avait rencontré dans des congrès d'astrologie aux États-Unis et ils avaient sympathisé, reliés par la langue française. Elle me donna donc son adresse, mais j'attendis un certain temps avant de lui écrire. Je n'osais importuner celui qui était devenu pour moi mon maître en Astrologie. Je profitais des fêtes de fin d'année, en 1979, pour lui envoyer mes vœux et le remercier de ce qu'il m'avait apporté. A mon grand étonnement, il me répondit et ainsi s'engagea une correspondance régulière. Il me suggéra d'ailleurs de lui écrire en français tandis que lui le faisait en anglais. Dans ces années-là, Rudhyar était quasiment inconnu en France. Comme je désirais à tout prix le faire connaître et faire partager l'enthousiasme et l'immense vision qu'il m'inspirait, je donnais des conférences mensuelles au Centre Galande, dans le 5eme arrondissement de Paris, qui attirait nombre de personnes en quête d'une autre conscience autour de Claude-Marc Perrot, qui fut mon analyste.

Par Germaine Holley, j'avais également fait la connaissance d'Annick Gignoux, qui dirigeait la Librairie de Médicis ainsi que les Editions du même nom. Quand je lui parlais de Rudhyar, je lui dis que d'ici quelques années, il serait considéré comme l'astrologue essentiel du XXème siècle. (En fait, je me trompais d'une certaine manière : il était tellement en avance sur l'évolution des consciences que peu d'astrologues, dans ce siècle scientiste, pouvaient réellement appréhender sa véritable dimension. Alors, il sera, pour sûr, l'astrologue du XXIème siècle !). Toujours est-il qu'Annick me fit confiance et me demanda de lui citer, parmi les livres de Rudhyar, ceux qui me semblaient devoir être traduits en priorité. Le choix était difficile car tous les livres me paraissaient essentiels. Mais je finis par choisir cinq titres : "La Pratique de l'Astrologie", "L'Astrologie de la Personnalité", "Les Symboles Sabian", "Approche Astrologique des Complexes Psychologiques" et "Astrologie et Psyché Moderne". Annick me proposa de traduire le premier et je me mis aussitôt au travail. Mais, pour certaines raisons, le projet ne put aboutir. Cet incident me décida alors à partir aux Etats-Unis car ce qui m'importait le plus était de rencontrer mon maître et de passer du temps auprès de lui avant qu'il ne quitte son corps.

La Californie

C'est ainsi que je débarquais à Los Angeles en juillet 1981, après avoir fait auparavant, par un concours de circonstances innatendu, un détour de 6 mois en Inde. Dans le taxi qui m'amenait de l'aéroport à downtown, la radio diffusa la chanson de Scott McKenzie "If you are going to San Francisco" qui avait marqué, avec bien d'autres, une certaine époque de ma vie : la Californie et particulièrement San Francisco étaient alors le lieu de la "contre-culture", de l'"underground" et bien des choses qui se sont passées dans les "sixties" et qui nous parvenaient en France à travers la revue "Actuel" n'étaient pas étrangers au fait que je me trouvais soudain à la source de ce que j'étais devenu. Il ne faut pas oublier que Rudhyar a été découvert par cette contre-culture et il fit figure, durant cette période, de maître à penser tout comme Alan Watts ou Ram Dass (l'Américain, universitaire défroqué, et non Swami Ramdas, l'auteur des merveilleux Carnets de Pélerinage) par exemple. Par la suite, j'eus l'occasion de discuter avec Rudhyar et sa femme, Leyla Rael (qui, née la même année que moi, avait participé, à sa manière, à cette dynamique) et tous les deux me parlèrent de l'effervescence et de l'impact de ce mouvement sur la prise de conscience de l'Amérique.

L'une des incidences de la contre-culture fut l'émergence du mouvement du Nouvel Age. Au moment où j'arrivais aux Etats-Unis, le Nouvel Age démarrait et le livre de Marylin Ferguson "Les Enfants du Verseau", en était devenu une sorte de manifeste. Rudhyar était au fait et au cœur de tout cela et il m'en parla très clairement. Il était très intéressé par ce qui se passait - il a abondamment évoqué l'Ere du Verseau dans ses ouvrages - et en même temps il était très réservé. Au-delà de la richesse que le mouvement faisait surgir, il était très conscient des dérives qu'il portait en lui. Il fut l'un des premiers, non pas à le dénoncer, mais à mettre en garde ses adeptes contre les dangers à venir. Contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, le Nouvel Age a été un mouvement riche à ses débuts et il correspond à une étape dans la conscience de l'évolution...

J'avais prévenu Rudhyar de mon arrivée et il m'avait répondu que lui et Leyla Rael seraient heureux de m'accueillir. Cela faisait un mois que j'étais à Los Angeles lorsque Leyla me contacta pour me dire que Rudhyar était prêt à me recevoir. Je me rendis donc à San Francisco, tout émerveillé de découvrir la ville de la "maison bleue". Et même si l'époque des sixties était révolue, Frisco et toute la "Bay Area" bruissaient de cette vie fantastique de la rencontre entre l'Orient et l'Occident, de tout ce foisonnement dans tous les domaines. Il y avait du bon et du moins bon et puisque l'Espagne avait laissé son empreinte sur cette région, on peut dire que c'était l'auberge espagnole...

Première rencontre avec Rudhyar

Tout comme cela m'était arrivé quelques temps auparavant avec Germaine Holley, je vivais dans une sorte d'état second dans l'attente de la rencontre. "Beyond Individualism" ("Un Nouvel Homme pour un Nouvel Age") venait juste de sortir et sa lecture ne faisait que renforcer mon bouillonnement intérieur. San Francisco est une ville magnifique et son décor prestigieux a servi de cadre à maints films ou téléfilms. Son climat est tout à fait particulier et les moments de grande chaleur alternent avec les moments de brouillard opaque, le fog. Quand le fog s'abat sur la ville, on a intérêt à être chaudement vêtu, sinon il s'insinue dans notre peau. Dans mon esprit, avant de débarquer à SF, je pensais qu'il y faisait toujours plein soleil. Aussi me fallut-il faire l'acquisition d'un manteau pour affronter le fog.

Le matin de ma première entrevue avec Rudhyar - j'avais rendez-vous en début d'après-midi à Palo Alto, à près d'une heure de train de SF - le fog s'étendait sur la ville. A mesure que le train s'éloignait de la ville, le soleil perçait les brumes et, finalement, je me retrouvais dans une lumière éblouissante et une chaleur écrasante. Sensible aux symboles, aux coincidences et aux synchronicités, je ne pus m'empêcher de faire le parrallèle avec la rencontre que je vivais. Des gares de villes au nom magique défilaient l'une après l'autre tandis que le train descendait la "Peninsula" en direction de Palo Alto : Menlo Park, Redwood City, San Carlos...le long du célèbre El Camino Real. Palo Alto, enfin. Leyla Rael m'attendait et, après m'avoir serré dans ses bras à la manière américaine, le "hug", elle me conduisit jusqu'à la villa où résidait Rudhyar. Bien qu'âgé - il avait 85 ans - Rudhyar était grand et élancé, légèrement vouté. Il se pencha vers moi et me serra à son tour dans ses bras "Welcome, dear friend" me dit-il. Intimidé, impressionné d'être en présence de mon maître, je baragouinais quelques mots en anglais. Aux différentes questions qu'il me posait, je bafouillais, essayant de répondre avec mon accent épouvantable et incompréhensible. Au bout de quelques minutes, Rudhyar me dit, en français : "Parlez donc en français, votre anglais est incompréhensible !" A partir de ce moment, toutes nos conversations - à mon grand soulagement - se firent en français.

Auprès de Rudhyar

Peu de temps après cette première rencontre, je m'installais à San Carlos, non loin de Palo Alto où je me rendais quasiment chaque jour en bus pour passer quelques heures avec Rudhyar. J'arrivais vers 10 h et nous nous mettions au travail. Le but était de clarifier les concepts que l'on trouve dans son oeuvre afin que les traductions futures de ses livres soient en phase avec son enseignement. De même, il tenait à ce que certains mots soient traduits exactement comme il l'entendait. Par exemple, dans certains contextes, il demandait à ce que mind soit traduit par mentat. Il m'expliqua que, si je voulais bien comprendre le sens de son enseignement et ne pas commettre de contre-sens dans une traduction, il me fallait lire les théosophes, notamment Annie Besant ainsi qu'Alice Bailey. Bien que sa vision du monde se démarquait par certains côtés de celle des théosophes ou d'Alice Bailey, fondamentalement, il y avait un lien entre elles. Il me raconta qu'il avait bien connu Alice Bailey. Elle l'encouragea à écrire son premier livre, "L'Astrologie de la Personnalité", qu'elle fit publier, en 1936, par sa propre maison d'édition, le Lucis Trust. J'avais déjà bien abordé par moi-même les théosophes et je me mis à lire Alice Bailey, ce qui, effectivement, me permit de mieux situer la pensée de Rudhyar. Cette connaissance me servit à traduire le mieux possible deux des livres de Rudhyar que Annick Gignoux me proposa de traduire losque je rentrais définitivement en France en 1983 : "Approche astrologique des complexes psychologiques" et "Astrologie et Psyché moderne". Surtout, je fus mieux à même de diffuser correctement l'enseignement de mon maître à travers les stages, conférences et séminaires que je donnais à partir de cette date ainsi que dans les articles que j'écrivis dans de nombreuses revues.

Mon séjour en Californie se partagea entre les visites à Rudhyar, les rencontres avec les autres disciples de Paramahansa Yogananda, la découverte de la mouvance du Nouvel Age, un approfondissement de ma recherche dans tous les domaines. Il m'arrivait souvent, en rentrant de chez Rudhyar, de m'arrêter à Menlo Park pour passer des heures dans la librairie East-West Bookshop où je trouvais des trésors inconnus en France. Avec Rudhyar, nous fîmes un pélerinage à Big Sur, que je raconte dans un article publié dans la revue "D'Ames et d'Hommes" : D'Henry Miller à Dane Rudhyar.

Retour en France

Au bout de quelques mois, je voulus rentrer à Paris pour liquider mes affaires et revenir m'installer définitivement en Californie. Je pensais faire un aller-retour et rester une quinzaine de jours au plus en France. Je me dis que, tant qu'à faire, je pourrais profiter de ce séjour pour donner une conférence sur Rudhyar et faire, peut-être, quelques consultations. Quand j'étais parti en Inde puis aux Etats-Unis, 2 ans plus tôt, j'avais laissé ma clientèle qui devenait tout de même conséquente et je pensais qu'après une absence aussi longue, il me faudrait tout redémarrer à zéro si jamais je voulais me réinstaller sur Paris. Je demandais à mon ami, le psychanalyste Claude-Marc Perrot, de m'organiser une conférence au Centre Galande qu'il avait créé de nombreuses années plus tôt. Avant mon départ, je travaillais en tant qu'astrologue dans le cadre de cette association qui faisait figure de pionnier dans le domaine du développement personnel tel qu'on l'entend aujourd'hui.

Quand j'arrivais à Paris pour cette conférence, je fus étonné par la foule qui m'attendait dans le petit appartement de la rue Valentin-Haüy, siège de l'association. Dans la pièce qui servait de lieu de conférence, de cours ou de stage, les gens étaient serrés les uns contre les autres, certains n'avaient pu rentrer et s'étaient agglutinés dans le couloir. Vainquant la timidité qui m'a toujours habité - il me fallait, surtout à cette époque faire un violent effort sur moi-même pour sortir de ma Maison XII mais ma foi m'emporter vers l'extérieur - je me lançais. Progressivement, j'étais emporté par mon enthousiasme et je sentais les personnes devant moi complètement en résonance avec ce que je disais et la vision que je proposais de Rudhyar semblait rencontrer l'adhésion. Quand j'eus terminé après la lecture enflammée d'un passage de "Directives for a new life", la salle éclata en applaudissements. Jamais, jusque-là, je n'avais ressenti avec autant de force ce que voulait dire "être un canal". Ce soir-là, non seulement je m'étais vraiment mis au service de Rudhyar et de l'évolution de la conscience mais j'avais aussi découvert que j'étais moi-même.

La demande de consultations, de cours et de séminaires fut tel que je